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15/06/2014 04:16 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Des militants affichent des photos de soldats irakiens capturés et tués

BAGDAD - Les militants islamiques qui ont envahi villes et villages de l'Irak la semaine dernière ont affiché des photos crues qui semblent montrer leurs tireurs massacrant de nombreux soldats irakiens capturés, pendant que le premier ministre a promis dimanche de «libérer chaque centimètre» de territoire ayant été capturé.

Les photos affichées sur un site internet militant semblent montrer des combattants masqués de l'État islamique d'Irak et du Levant (EIIL), remplissant des camions à plate-forme de soldats capturés avant de les forcer à s'étendre sur le ventre, les bras attachés dans le dos, dans un petit cours d'eau. Les dernières images montrent les corps des soldats trempant dans du sang après avoir été atteints de coups de feu à différents endroits.

Le principal porte-parole des autorités militaires, le lieutenant-général Qassim al-Moussawi, a confirmé l'authenticité des photos et a dit être au courant de cas de tueries de masse de soldats irakiens capturés dans des secteurs détenus par l'EIIL. Il a déclaré à l'Associated Press qu'un examen des photos par des experts militaires montrait qu'environ 170 soldats ont été tués par balles par des militants, après leur capture.

Des commentaires accompagnant les photos des soldats après qu'ils eurent été abattus soulignent que des «centaines ont été liquidés», mais le total n'a pas pu être confirmé.

La porte-parole du département d'État des États-Unis, Jen Psaki, a déclaré que la prétention des militants de l'EIIL à l'effet qu'ils avaient tué des membres des troupes irakiennes «est terrifiant et une preuve tangible de la soif de sang qui habite ces terroristes».

Elle a ajouté que les allégations à l'effet que 1700 soldats avaient été tués n'avaient pas pu être confirmées par les États-Unis.

Bien que le gouvernement ait renforcé la sécurité autour de Bagdad, une série d'explosions dans la capitale ont fait au moins 19 morts en plus de blesser au plus de 40 personnes, selon des responsables des autorités policières et hospitalières en Irak.

La sécurité à l'ambassade des États-Unis a été renforcée et des membres du personnel ont été envoyés ailleurs en Irak et en Jordanie, a annoncé le département d'État. Un responsable des autorités militaires a déclaré qu'au moins 150 membres des Marines ont été transférés à Bagdad pour aider à assurer la sécurité à l'ambassade.

Le département d'État a émis un avertissement aux voyageurs pour l'Irak dimanche soir, dans lequel il suggère aux citoyens américains d'éviter tout voyage en Irak à moins que ça ne soit essentiel.

Si la ville de sept millions d'habitants n'est pas présentement à risque de tomber sous la main des militants de EIIL, qui terrorisent le nord du pays et se rapprochent dangereusement de la capitale, les attaques à la bombe de dimanche pourraient alimenter les tensions. Le prix de la nourriture a augmenté dans la ville, parfois de l'ordre de 100 pour cent, en raison de problèmes de transport sur la principale route quittant Bagdad par le nord.

Dans un discours enflammé à des bénévoles, au sud de Bagdad, le premier ministre Nouri al-Maliki a promis de récupérer le territoire capturé la semaine dernière par l'EIIL.

«Nous allons marcher et libérer chaque centimètre qu'ils ont mutilé, du coin du pays situé le plus au nord à celui situé le plus au sud.»

Des policiers armés, y compris des brigades d'intervention tactique, ont été aperçus au cours de la fin de semaine alors qu'ils défendaient des points de contrôle à Bagdad, fouillant des véhicules et vérifiant les papiers des conducteurs. La sécurité était particulièrement renforcée autour des approches nord et ouest de la ville, les cibles les plus prévisibles pour une attaque des militants de l'EIIL. La ville tournait au ralenti dimanche, avec quelques rares piétons et un trafic routier clairsemé.

Dans le centre de la capitale, un engin explosif improvisé placé dans un véhicule a tué 10 personnes et en a blessé 21 autres, selon la police. Après la tombée du jour, une autre explosion a secoué la région, faisant deux morts et cinq blessés. La troisième déflagration est survenue près d'un commerce vendant des falafels, dans le district de Sadr City, ajoutant trois morts et sept blessés à ce premier bilan. Et tard dimanche, une quatrième explosion dans le district de Sulaikh, dans le nord, a fait quatre morts et 12 blessés.

Au cours des derniers mois, la ville de Bagdad a été le théâtre d'une hausse des suicides et des explosions de véhicules piégés, qui ont surtout ciblé des quartiers chiites et des membres des forces de sécurité.

Les responsables des autorités policières et hospitalières se sont exprimés sous le sceau de la confidentialité car ils n'étaient pas autorisés à parler aux médias.