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15/06/2014 04:10 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Coup d'Etat en Thaïlande: plus de 110.000 Cambodgiens ont fui (gouverneur)

Plus de 110.000 Cambodgiens ont fui la Thaïlande depuis une semaine, de crainte d'une opération antitravailleurs clandestins de la junte arrivée au pouvoir par un coup d'Etat depuis fin mai, ont annoncé les autorités cambodgiennes dimanche.

"Ils rentrent en masse, comme un barrage qui s'effondre", a déclaré Kor Sam Saroeut, gouverneur de la province de Banteay Meanchey, dans le nord-est, à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande.

Plus de 110.000 immigrés cambodgiens ont ainsi fait le voyage retour sur une seule semaine, a-t-il dit, assurant que nombre d'entre eux avaient été reconduits à la frontière par des militaires thaïlandais.

"Ils disent qu'ils ont peur d'être arrêtés ou abattus s'ils s'enfuient lors de la perquisition de leurs logements par les autorités thaïlandaises... La plupart sont partis en Thaïlande sans permis de travail", a-t-il ajouté.

La junte thaïlandaise a menacé mercredi d'arrêter et d'expulser tous les travailleurs immigrés illégaux. Les autorités cambodgiennes ont évoqué un exode de migrants depuis le coup d'Etat du 22 mai, parlant de milliers de travailleurs de retour.

Les travailleurs venus du Cambodge, de Birmanie et du Laos jouent un rôle majeur dans certains secteurs de l'économie thaïlandaise comme la pêche, l'agriculture et la construction, mais beaucoup d'entre eux n'ont pas de permis de travail.

A partir de maintenant, tout travailleur immigré illégal trouvé en Thaïlande "sera arrêté et expulsé", avait déclaré mercredi Mme Sirichan Ngathong, porte-parole de l'armée. "Nous considérons les travailleurs illégaux comme une menace parce qu'ils sont nombreux et qu'il n'y a pas de mesure claire pour les prendre en charge, ce qui pourrait mener à des problèmes sociaux".

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a rapporté que nombre de migrants, dont des femmes et des enfants, étaient bloqués à la frontière, au point de passage principal de Aranyaprathet-Poipet, sans argent pour payer le voyage de retour.

Selon des ONG, la Thaïlande abrite au moins deux millions de travailleurs immigrés.

Par le passé, les autorités fermaient les yeux sur la présence de clandestins nécessaires à une économie en plein essor.

Mais la situation a changé et le pays a enregistré une baisse du PIB de 2,1% au premier trimestre 2014 par rapport au trimestre précédent.

Des Birmans sont également repartis chez eux, selon le Comité thaïlandais de solidarité avec les travailleurs, qui aide les travailleurs étrangers dans le royaume.

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