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15/06/2014 06:46 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Colombie: Juan Manuel Santos est réélu et demeure président du pays

BOGOTA - Juan Manuel Santos a été réélu lors de l'élection présidentielle la plus serrée des dernières années en Colombie, dimanche, un triomphe qui représente un appui envers les 18 mois de négociations entamées sous son règne pour mettre fin au plus vieux conflit de l'Occident.

M. Santos a battu son adversaire de la droite, Ivan Zuluaga, menant avec 53 pour cent des voix contre 47, après le dépouillement de 99,7 pour cent des bureaux de scrutin.

M. Zuluaga était soutenu par l'ancien président Alvaro Uribe, considéré par plusieurs comme le véritable opposant.

Le candidat de la droite a accusé M. Santos de céder la Colombie lors des discussions organisées à Cuba, et a insisté sur le fait qu'il suspendrait les échanges à moins que les rebelles, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, ne cessent toutes les hostilités et que certains chefs de la rébellion n'acceptent de se retrouver en prison.

Le résultat confirme que M. Santos a été en mesure de mener la Colombie vers un carrefour historique, après un demi-siècle de conflits qui ont fait plus de 200 000 victimes, pour la plupart des civils.

«À compter de maintenant, nous allons bâtir cette paix que nous désirons depuis si longtemps», a déclaré Ivan Cepeda, un parlementaire de la gauche.

La campagne électorale fut la plus «sale» du petit pays des Andes depuis des années, et M. Zuluaga a surpris le camp du président sortant lorsqu'il a dépassé ce dernier au cours du premier tour, le 25 mai.

La victoire de M. Santos, dimanche, grâce à une avance de 900 000 voix, s'appuie largement sur les votes en provenance de Bogota, et d'importants gains sur la côte caribéenne, où la machine de son parti politique est bien installée.

Au premier tour, le président sortant a terminé premier dans la capitale, le château fort de la candidate de gauche défaite Clara Lopez, qui a appuyé le président au deuxième tour. Le taux de participation a également augmenté, passant de 40 à 47 pour cent, ce qui aurait favorisé M. Santos.

Ce dernier, formé à l'Université du Kansas, a reçu la semaine dernière l'appui de 80 grands noms du milieu des affaires, et a annoncé des négociations de paix préliminaires avec l'Armée de libération nationale, une autre guérilla.

Une victoire de M. Zuluaga aurait réduit les probabilités que M. Uribe puisse être poursuivi pour de présumés crimes tels que des violations des droits de l'homme. Parmi les côtés sombres de sa présidence de 2002 à 2010, on note des assassinats extrajudiciaires de civils innocents pour gonfler les bilans des victimes de l'armée, de l'espionnage illégal de juges et de journalistes, ainsi que le versement de subventions agricoles à des exploitants déjà riches.