POLITIQUE
14/06/2014 07:08 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

L'homosexualité de Kathleen Wynne n'était pas dans l'esprit des électeurs, remarquent des observateurs

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TORONTO, ON - JULY 1: Ontario Premier Kathleen Wynne and Honourable Michael Coteau , Minister of Citizenship and Immigration(black man in backround) greets the crowd on Canada's Day at Queens Park. (Vince Talotta/Toronto Star via Getty Images)

L'orientation sexuelle de Kathleen Wynne n'était pas dans l'esprit des électeurs durant la campagne qui a mené à son couronnement en tant que première chef du gouvernement ontarien ouvertement lesbienne, une situation que des observateurs attribuent à l'attitude de Mme Wynne et du public.

Il y a seulement quelques années, une telle candidature aurait provoqué des commentaires désobligeants et des attaques virulentes, mais cette fois-ci, l'homosexualité de la chef du Parti libéral ontarien a été complètement évacuée de la campagne, souligne Graham White, professeur de sciences politiques à l'université de Toronto.

Selon M. White, qui vit dans la circonscription torontoise représentée par Mme Wynne, cela représente un changement remarquable par rapport à la situation qui prévalait il y a 10 ou 15 ans.

Il pense que cela s'explique par le fait que la population ontarienne devient plus tolérante à force de voir des personnalités publiques vivre ouvertement leur homosexualité.

Des Ontariens de plus en plus tolérants

Maura Lawless, directrice du centre communautaire 519 Church Street, qui travaille avec la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre (LGBT) de Toronto, estime que l'élection de Mme Wynne montre que les citoyens sont de plus en plus ouverts à évaluer les capacités d'une personne plutôt que de se limiter à son orientation sexuelle ou à son identité de genre.

Cette situation montre à quel point les Ontariens sont progressistes, en acceptant que les personnes LGBT soient elles aussi des membres à part entière de la société et puissent occuper d'importants postes de direction.

D'autres pensent que le choix de Mme Wynne de ne pas faire de son orientation sexuelle un élément central de son image a contribué à écarter le sujet du discours public.

« Cela l'a clairement positionnée comme une puissante chef de gouvernement, par opposition à "leader gaie" ou "première ministre gaie", et c'est une stratégie incroyablement astucieuse », a estimé Mme. Houston, qui s'exprime souvent en public sur les questions liées aux droits des homosexuels.

Le fait que les chefs des trois principaux partis ontariens aient limité les attaques personnelles durant la campagne a probablement permis d'élever le niveau du débat public, estime la conseillère municipale Kristyn Wong-Tam, qui est devenue, en 2010, la première membre ouvertement homosexuelle du conseil municipal de Toronto.

« Je ne pense pas que ce soit le nirvana, mais je suis très heureuse que durant cette campagne, les gens aient été fermes, disciplinés, mais respectueux dans leurs propos », a-t-elle dit en ajoutant que « le ton a été donné d'en haut ».

Mais Mme Wong-Tam affirme que rien ne garantit que les choses se passent toujours aussi bien à l'avenir. « Il y aura encore des campagnes électorales qui diviseront et au cours desquelles des gens voudront ramener les questions touchant à la sexualité et à l'orientation sexuelle des candidats », croit-elle.

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