DIVERTISSEMENT
14/06/2014 02:42 EDT | Actualisé 14/06/2014 02:57 EDT

FrancoFolies: Ce qui est là avec Fiori (PHOTOS)

David Kirouac

MONTRÉAL - Pour l’ouverture en salle des 26es FrancoFolies de Montréal, une dizaine de musiciens et presque autant de chanteurs ont rendu hommage à Serge Fiori, vendredi soir, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts.

Ironiquement, le principal intéressé, qui a fait paraître il y a deux mois un nouveau disque solo très apprécié, n’était pas de la fête sur les planches. Rien de fort surprenant, l’homme dans la soixantaine ne donne jamais de spectacle. Ce n’est pas qu’il a en dégoût l’idée de remettre les pieds sur scène depuis la fin d’Harmonium, mais des problèmes de santé l’inciteraient à rester loin des projecteurs.

Qu’à cela ne tienne, bien du monde tenait à souligner sa grande influence musicale au Québec et c’est par l’entremise d’un concert à grand déploiement intitulé Fioritudes qu’on a voulu célébrer sa créativité.

Sous la direction artistique de Luc Picard (un immense admirateur) et de Marc Pérusse (aussi directeur musical), une bande de talentueux musiciens ont donc tenté de recréer sur scène l’univers de Serge Fiori: Catherine Major, Marie-Pierre Arthur, Alexandre Désilet, Antoine Gratton, Coral Egan, Ian Kelly, Daniel Lavoie et Monique Fauteux étaient de l’aventure.

Le défi était de taille: présenter le spectacle que Serge Fiori aurait pu proposer à Montréal afin de partager ce nouvel album paru à l’hiver, un premier disque en 28 ans.

Encodé qui s’est écoulé à plus de 82 000 exemplaires (au début du mois de mai, il a été certifié platine) depuis sa sortie le 4 mars, un exploit compte tenu de la réalité difficile entourant les ventes de disques au Québec.

«L’émotion»

Le spectacle était divisé en deux segments. La première partie de la prestation était consacrée à quelques vieux succès que Serge Fiori a composés pour Harmonium, Nanette Workman, Diane Dufresne ou encore le projet Fiori-Séguin. Quant à la deuxième partie, les chanteurs invités ont interprété l’intégralité du récent album homonyme de Serge Fiori.

Bien que nous ayons assisté à de nombreux concerts similaires au fil des ans dans le cadre du festival des FrancoFolies ou encore du Festival de Jazz, il était plaisant de partager tous ces efforts mis de l’avant afin de saluer fièrement la carrière de Fiori. Dans l’ensemble, le résultat était agréable malgré les quelques débordements ou et/ou manques de simplicité.

Car trop, c’est comme pas assez. C’est d’ailleurs souvent le cas dans ces rassemblements où l’on veut démontrer tout notre amour à un artiste grandement respecté. Comme si «l’émotion» devenait pratiquement plus importante que la prestation elle-même. Bref, il y a eu parfois un léger abus de garniture… Nous avons dénoté un peu de «fioritures» dans les arrangements et les interprétations, somme toute de haut niveau.

Durant la première heure, soulignons le beau travail d’Alexandre Désilet et Antoine Gratton, qui ont envoyé avec une belle énergie la chanson Viens danser. Le résultat était entraînant en plus d’être bien senti. Belle utilisation des cuivres, également, qui étaient ici livrés par Marie-Josée Frigon.

Sans copier Serge Fiori, on s’y approchait ici d’une étonnante façon.

Autres passages touchants avant l’entracte: sur des airs de funk fleuri, Antoine Gratton s’est habilement glissé dans la peau du Chasseur, tandis que Catherine Major a joliment offert le morceau En pleine face, sur un très beau doigté à la guitare acoustique de Christian Turcotte et Jean-François Beaudet. Nous devons aussi souligner l’efficacité du chœur formé de Désilet, Gratton, Arthur et de la choriste Andréanne Alain sur les lalalala, lalala, lalala.

Le monde aujourd’hui

Pour le reste, nous aurons entendu la totalité des chansons du disque paru en mars. Le monde virtuel, Crampe au cerveau (cool interprétation de Désilet), Seul (Marie-Pierre Arthur a cette voix haut perchée qui s’arrimait peut-être mois à l’ensemble, mais ici ce fut néanmoins réussi) et Ce qui est là (quelle voix, cette Coral Egan) ont notamment été à la hauteur de Fiori.

Daniel Lavoie, qui a été chaudement applaudi à son arrivée sur scène, a assumé sa puissante voix éraillée pour envoyer Chat de gouttière, au piano. Différent.

Sur la pièce Si bien, interprétée par la pianiste et chanteuse Monique Fauteux, on a entendu Fiori - caché quelque part dans la salle -, livrer au micro un ad lib vocal (ou était-ce un enregistrement?) poignant en finale de chanson.

Au rappel, Comme un fou (de l’album L’Heptade, d’Harmonium, enfin!) et Ça fait du bien (Fiori-Séguin) ont fait craquer le public.

Planqué discrètement dans une loge côté cour, Serge Fiori a dû ressentir quelques frissons à l’écoute de ces 3000 personnes (un peu moins peut-être) qui entonnaient à capella ces nana, nananana, nana, nanana à la fin du voyage…

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