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12/06/2014 06:54 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

Un prêtre espagnol, sanctionné car marié et père, débouté devant la CEDH

Un prêtre espagnol, révoqué de son poste de professeur de religion et de morale catholiques parce qu'il était marié et père de famille, a été définitivement débouté jeudi par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

Le non-renouvellement, à son poste d'enseignant dans un lycée public, du père José Antonio Fernandez Martinez, était "légitime et proportionné", a estimé l'instance suprême de la CEDH, la Grande Chambre, par neuf voix contre huit.

Cette situation n'a donc pas porté atteinte à la vie privée et familiale du prêtre-enseignant, aujourd'hui âgé de 77 ans, a ajouté la Cour.

Aux yeux de la Cour européenne, "il n'est pas déraisonnable que l'Église exige des professeurs de religion une loyauté particulière, dans la mesure où ils peuvent être considérés comme ses représentants".

"L'existence d'une divergence entre les idées qui doivent être enseignées et les convictions personnelles d'un professeur peut poser un problème de crédibilité lorsque cet enseignant milite activement contre ces idées", ont-ils ajouté.

Marié et père de cinq enfants, le requérant ne cachait pas son engagement dans un mouvement opposé à la doctrine de l'Église sur le célibat.

Ordonné prêtre en 1961, il avait sollicité en 1984 auprès du Vatican une dispense de l'obligation de célibat auprès du Vatican, mais n'avait pas obtenu immédiatement de réponse.

Marié civilement en 1985, il a eu cinq enfants avec son épouse, avant de devenir en 1991 professeur de religion et de morale catholiques, sur la base d'un contrat de travail annuel renouvelable.

Fin 1997, suite à des articles de presse consacrés à son engagement dans un "Mouvement pro-célibat optionnel" des prêtres, ce contrat ne fut pas renouvelé par son évêque.

Le prêtre-enseignant avait contesté cette sanction devant la justice espagnole, jusqu'au Tribunal constitutionnel, mais en vain.

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