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12/06/2014 05:49 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

Ukraine: Moscou accuse Kiev d'utiliser des munitions au phosphore

La Russie a introduit jeudi un nouveau projet de résolution concernant l'Ukraine devant le Conseil de sécurité où elle demande à l'ONU d'agir davantage, et elle a accusé Kiev d'utiliser des munitions au phosphore.

Le projet a été présenté lors de consultations à huis clos qui se sont surtout concentrées sur l'Irak, mais l'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine a précisé que le texte proposé sur l'Ukraine a été bien accueilli et a fait l'objet de "suggestions".

Ce projet actualise un premier texte présenté le 2 juin, qui avait alors reçu un accueil plutôt frais du Conseil. Il appelle à la fin immédiate des violences, à un cessez-le-feu durable et à une implication accrue des Nations unies pour négocier une solution au conflit.

La Russie aimerait que l'ONU prête main forte à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), actuellement en première ligne pour tenter de trouver une sortie de crise. Moscou aimerait améliorer la feuille de route et lancer un dialogue "impliquant tous les mouvements politiques et toutes les régions du pays".

Selon M. Tchourkine, Moscou dispose également pour la première fois de "rapports" faisant état de l'utilisation de munitions au phosphore par les forces ukrainiennes dans les combats.

Plus tôt dans la journée, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a regretté l'absence d'un "quelconque progrès" dans les efforts promis par le pouvoir ukrainien pour une désescalade sur le terrain.

"Nous sommes de plus en plus inquiets de voir l'absence d'un quelconque progrès dans les efforts d'apaisement de la violence, de cessation des affrontements, à commencer par la fin de l'opération répressive", a déclaré M. Lavrov, cité par Itar-Tass.

Concernant la résolution que la Russie s'apprêtait à déposer à l'ONU, M. Lavrov a insisté sur la volonté de Moscou "d'obtenir que la partie ukrainienne commence à appliquer la feuille de route" élaborée en mai par le président de l'OSCE, le Suisse Didier Burkhalter.

"Nous savons que les insurgés dans le sud-est sont prêts à cesser le feu, mais le premier pas doit être fait par les autorités de Kiev", a souligné M. Lavrov.

Celui-ci a par ailleurs demandé une enquête urgente sur les informations faisant état de l'emploi de bombes incendiaires par les forces ukrainiennes.

"Les informations sur l'emploi par les forces ukrainiennes de bombes incendiaires et d'autres types d'armes non sélectives suscitent une inquiétude particulière. Ces informations nécessitent une vérification urgente", a-t-il déclaré, cité par Itar-Tass.

La Garde nationale ukrainienne a démenti jeudi matin ces accusations, reprises notamment par les médias publics russes, et qualifiées d'"absurdes" dans un communiqué.

La Russie n'a cessé ces dernières semaines d'accuser les forces ukrainiennes de recourir à des moyens disproportionnés dans leur opération armée contre l'insurrection dans l'est du pays.

L'UE a, de son côté, appelé Kiev à la retenue dans ses opérations armées tout en soulignant la légitimité, selon elle, de cette action.

Les munitions au phosphore blanc, qui s'enflamme au contact de l'oxygène contenu dans l'air et brûle à des températures très élevées, ne sont interdites par aucun traité international. Mais leur emploi est réglementé par le protocole III de la Convention sur les armes classiques de 1980 "sur l'interdiction ou la limitation des armes incendiaires".

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