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12/06/2014 02:48 EDT | Actualisé 11/08/2014 05:12 EDT

Turquie: nouvelle vague de mutations de masse dans la magistrature et à la banque centrale

Le gouvernement turc a procédé à une nouvelle vague de mutations visant plus de 2.000 magistrats, dans le cadre de sa lutte contre ses ex-alliés de la confrérie de l'imam Fethullah Gülen, et procédé à des changements à l'état-major de la Banque centrale.

Dans un communiqué publié mercredi soir, le Haut-conseil des juges et des procureurs (HSYK) a publié une liste de 2.224 magistrats qui vont changer d'affectation.

Ce vaste mouvement est le plus important ordonné par le gouvernement dans l'institution judiciaire depuis le déclenchement, mi-décembre, d'un scandale de corruption sans précédent qui a éclaboussé l'ensemble du régime islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002, y compris le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

M. Erdogan accusé le mouvement du prédicateur musulman Fethullah Gülen, sur lequel il s'est appuyé pour prendre le pouvoir, d'être à l'origine des accusation portées contre lui et d'avoir ourdi un "complot" pour provoquer sa chute.

Depuis la fin de l'année dernière, le chef du gouvernement a ordonné des purges sans précédent dans la police, où plus de 6.000 fonctionnaires ont été remerciés ou mutés, et dans la justice, où les "gulenistes" sont très influents.

Lors d'un discours mercredi, M. Erdogan, qui s'apprête à annoncer sa candidature à l'élection présidentielle des 10 et 24 août prochain, a une nouvelle fois signalé sa volonté de lutter contre "l'Etat parallèle" formé par les partisans de M. Gülen. "A partir de maintenant, ils ne doivent plus avoir aucun soutien de notre part", a-t-il dit.

Par ailleurs, l'assemblée générale de la Banque centrale de Turquie a procédé au remplacement de cinq de ses plus hauts cadres, dont le chef de cabinet de son gouverneur Erdem Basci, ont rapporté jeudi les médias turcs.

Ces changements interviennent en pleine guerre larvée entre M. Basci et M. Erdogan autour de la politique monétaire de l'institution.

La Banque a procédé fin janvier à une hausse massive de ses taux directeurs afin d'enrayer la dégringolade de la livre, victimes des tensions politiques persistantes dans le pays et d'inquiétudes sur la croissance économique du pays.

M. Erdogan s'est publiquement opposé à cette décision et exige désormais une forte baisse des taux afin d'éviter tout impact négatif sur la croissance. Mais M. Basci s'y est refusé, tant que l'inflation, qui frôle les 10% en glissement annuel, restera élevée.

pa/jh