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12/06/2014 06:39 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

Tunisie: pas d'accord sur le calendrier des élections, l'instance électorale inquiète

La classe politique tunisienne a échoué mercredi soir à parvenir à un accord sur le calendrier des élections présidentielle et législatives devant se tenir d'ici la fin 2014, ce que l'instance chargée de les organiser a jugé "inquiétant" jeudi.

"Nous ne sommes pas arrivés au consensus voulu et nous avons décidé de reporter (les négociations) à vendredi", a déclaré dans la soirée à la radio privée Mosaïque FM le bâtonnier Mohamed Fadhel Mahfoudh, l'un des médiateurs entre les partis politiques.

Plusieurs partis, dont les islamistes d'Ennahda, majoritaires à l'Assemblée, participaient à cette séance de "dialogue national". Ces négociations ont été mises en place l'an dernier sous les auspices d'un "quartette" de médiateurs, dont la centrale syndicale UGTT, pour sortir le pays d'une grave crise politique.

Les partis ne parviennent pas à s'entendre sur l'ordre dans lequel les scrutins doivent être organisés, certains -comme Ennahda- voulant la concomitance, d'autres -à l'instar de Nidaa Tounes- insistant sur une tenue de la présidentielle d'abord, ont indiqué des participants à la séance de mercredi soir à la presse.

Or les élections doivent se tenir d'ici la fin 2014, selon les dispositions transitoires de la Constitution.

M. Mahfoudh a parlé d'"une séance longue et épuisante", en indiquant que "les positions (des partis) sont mouvantes".

Le président d'Ennahda, Rached Ghannouchi, avait déclaré samedi à l'AFP que si le "dialogue national" n'arrivait pas à trancher, la question serait renvoyée à l'Assemblée.

"C'est décevant et inquiétant", a dit jeudi à l'AFP Chafik Sarsar, le président de l'instance électorale (ISIE), qui a récemment annoncé l'ouverture de l'inscription sur les listes électorales le 23 juin. "Il y a urgence à fixer la date des élections", a-t-il ajouté.

L'organisation en 2014 d'élections devant doter la Tunisie d'institutions pérennes, plus de trois ans après sa révolution, a été décidée dans le cadre d'un vaste accord entre les différents partis tunisiens pour résoudre une profonde crise politique déclenchée par les assassinats de deux opposants en 2013.

Cet accord a permis l'adoption de la nouvelle Constitution et a conduit les islamistes d'Ennahda à laisser le pouvoir à un gouvernement d'indépendants en début d'année.

iba/cco