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12/06/2014 05:23 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

Tuerie de Bruxelles: Mehdi Nemmouche saura le 26 juin s'il est remis par Paris à la Belgique

Le Franco-Algérien Mehdi Nemmouche, délinquant plongé dans l'islam radical et soupçonné d'avoir tué quatre personnes fin mai au Musée juif de Bruxelles, saura le 26 juin si la justice française le remet aux autorités belges, alors qu'il craint d'être extradé vers Israël.

"Je ne m'opposerai pas à une remise" aux autorités belges "si la Belgique me certifie qu'elle ne m'extradera pas vers un pays tiers", a déclaré le Franco-Algérien de 29 ans lors d'une audience devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles, près de Paris.

Deux des victimes du musée de Bruxelles étaient de nationalité israélienne.

Le ministère public a demandé qu'il soit transféré en Belgique pour y être jugé. L'avocate générale a souligné que "la compétence naturelle liée aux lieux des faits devait être privilégiée", fustigeant "l'argumentaire fallacieux" et "le manque de décence évident" de la défense qui martelait que la France était compétente dans ce dossier.

"Mon client est français, il a été interpellé en France et une des victimes est française", a réaffirmé à l'audience son avocat Apolin Pepiezep.

Impassible, le visage fermé et barbe de trois jours, le suspect en polaire noire a juste fait un clin d'oeil à des membres de son entourage en arrivant dans la salle, escorté par les hommes de la sécurité de l'administration pénitentiaire.

Le jeune homme de 29 ans, est soupçonné d'avoir ouvert le feu le 24 mai au Musée juif de Bruxelles, touchant mortellement quatre personnes: un couple d'Israéliens, une retraitée française et un employé belge décédé des suites de ses blessures.

- Muet sur les faits -

Si la justice française décide de la remise de M. Nemmouche à la Belgique, l'avocat pourrait former un pourvoi en cassation dans les trois jours suivant la décision. La haute juridiction aurait alors 40 jours pour statuer.

Alors que la France entend aller vite dans cette procédure, Mehdi Nemmouche essaie-t-il de jouer la montre? Son avocat s'en défend. Mon client "n'a absolument pas envie de se soustraire à la justice".

La remise de Nemmouche aux Belges n'est pas une extradition au sens juridique du terme: elle relève d'un mandat d'arrêt européen, qui permet depuis 2002 à des Etats membres d'extrader leurs nationaux vers leurs partenaires de l'UE.

Mehdi Nemmouche, cheveux ras bruns et yeux noirs, de taille moyenne et d'allure athlétique, avait été arrêté le 30 mai à Marseille dans le sud de la France, dans un autocar arrivant de Bruxelles. Dans ses bagages avaient été retrouvés un revolver et un fusil d'assaut Kalachnikov avec de nombreuses munitions, des armes similaires à celles de la tuerie, ainsi qu'une caméra portative.

Durant sa garde à vue, d'une durée exceptionnelle de cinq jours, ce délinquant multirécidiviste était resté muet sur ces faits. "Il reste assez serein (...) on est dans l'histoire des compétences juridictionnelles, on abordera le fond quand ce sera nécessaire", avait alors expliqué l'avocat à l'AFP.

L'enquête se poursuit en France et en Belgique, notamment pour savoir si Mehdi Nemmouche est bien le "loup solitaire" décrit jusqu'ici par les autorités. Un terme finalement récusé mardi par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, estimant qu'il a pu bénéficier de "complicités directes ou indirectes" dans son processus de radicalisation.

Avant son départ pour la Syrie, fin 2012 au sortir de cinq années de détention, il avait été condamné à sept reprises en France, notamment pour braquage.

Son radicalisme religieux avait été signalé lors de sa dernière détention. En Syrie, il aurait intégré les rangs d'un groupe jihadiste particulièrement radical et violent, l'Etat islamique de l'Irak et du Levant (EILL), selon le parquet de Paris.

Les enquêteurs français tentent toujours de déterminer si, une fois à Marseille, il entendait retrouver une connaissance dans le Sud, fuir en Algérie d'où est originaire sa famille ou, comme l'a envisagé le ministre de l'Intérieur, frapper à nouveau.

En Belgique, ils vont notamment se pencher sur les relations de Nemmouche dans ce pays, place forte des candidats au jihad en Syrie.

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