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12/06/2014 02:38 EDT | Actualisé 11/08/2014 05:12 EDT

Tuerie de Bruxelles: la justice française examine la demande de remise de Nemmouche à la Belgique

La justice française examine jeudi la demande de remise aux autorités belges du suspect de la tuerie du Musée juif de Bruxelles, le franco-algérien Mehdi Nemmouche, petit délinquant plongé dans l'islam radical qui, lui, veut être jugé en France.

Mehdi Nemmouche, 29 ans, est soupçonné d'avoir ouvert le feu le 24 mai au Musée juif de Bruxelles, touchant mortellement quatre personnes: un couple d'Israéliens, une retraitée française et un employé belge décédé des suites de ses blessures.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles, près de Paris, peut rendre son arrêt jeudi sur le champ ou mettre sa décision en délibéré, "dans les huit jours généralement", selon une source judiciaire.

"Sur le principe, on ne comprend pas. La France a le droit de réclamer l'auteur présumé de ces faits pour qu'il soit jugé en France", a expliqué à l'AFP son avocat, Me Apolin Pepiezep. "Il est français, il a été interpellé en France et l'une des victimes est française", a-t-il fait valoir.

En cas de confirmation de la demande belge, l'avocat peut former un pourvoi en cassation dans les trois jours suivant la décision. La haute juridiction a alors 40 jours pour statuer. Une possibilité que n'exclut pas Me Pepiezep, comme celle de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, "s'il le faut".

Alors que la justice française entend aller vite dans cette procédure, Mehdi Nemmouche essaie-t-il de jouer la montre? Son avocat s'en défend. "En Belgique ou en France, il sera jugé. Dans son intérêt, c'est mieux qu'il soit rapidement fixé sur son sort".

La remise de Nemmouche aux Belges n'est pas une extradition au sens juridique: elle relève d'un mandat d'arrêt européen, qui permet depuis 2002 à des Etats membres d'extrader leurs nationaux vers leurs partenaires de l'UE.

- Questions sur d'éventuelles complicités -

Mehdi Nemmouche, placé en détention provisoire, était apparu le 5 juin, pour la première fois depuis son arrestation le 30 mai, sous forte escorte policière. Lors de cette audience sous haute tension, froid et sûr de lui, il s'était borné à confirmer son refus d'être extradé.

Ce délinquant multirécidiviste, cheveux ras bruns et yeux noirs, de taille moyenne et d'allure athlétique, avait été arrêté à Marseille (sud) dans un autocar en provenance de Bruxelles. Des armes similaires à celles de la tuerie, dont un fusil d'assaut Kalachnikov, avaient été retrouvées dans ses bagages, ainsi qu'une caméra embarquée.

Durant sa garde à vue, d'une durée exceptionnelle de cinq jours, il était resté muet sur ces faits.

L'enquête se poursuit en France et en Belgique, notamment pour savoir si Mehdi Nemmouche est bien le "loup solitaire" décrit jusqu'ici par les autorités.

Un terme finalement récusé mardi par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, estimant qu'il a pu bénéficier de "complicités directes ou indirectes" dans son processus de radicalisation.

Avant son départ pour la Syrie, fin 2012 au sortir de cinq années de détention, il avait été condamné à sept reprises en France, notamment pour braquage.

Son radicalisme religieux avait été signalé lors de sa dernière détention. En Syrie, il aurait intégré les rangs d'un groupe jihadiste particulièrement radical et violent, l'Etat islamique de l'Irak et du Levant (EILL), selon le parquet de Paris.

Les enquêteurs français tentent toujours de déterminer si, une fois à Marseille, il entendait retrouver une connaissance dans le Sud, fuir en Algérie d'où est originaire sa famille ou, comme l'a envisagé le ministre de l'Intérieur, frapper à nouveau.

En Belgique, ils vont notamment se pencher sur les relations de Nemmouche dans ce pays, place forte des candidats au jihad en Syrie.

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