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12/06/2014 03:15 EDT | Actualisé 11/08/2014 05:12 EDT

Ouverture du procès des chefs présumés de la fronde antigouvernementale de juin 2013 à Istanbul

Le procès de 26 "chefs" présumés de la vague de contestation sans précédent qui a visé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan il y a un an s'est ouvert jeudi matin devant un tribunal d'Istanbul, a rapporté une journaliste de l'AFP.

Membres du collectif Taksim Solidarité, les accusés, dont des architectes, ingénieurs ou médecins, sont poursuivis pour avoir organisé et participé aux manifestations et risquent des peines allant jusqu'à trente ans de prison.

Avant d'entrer dans la salle d'audience, près d'une centaine de membres de cette association regroupant ONG, syndicats et membres de la société civile se sont regroupés devant le palais de justice, protégé par un service d'ordre discret, pour faire une déclaration devant la presse.

"Ce procès restera une tache dans l'histoire de ce pays. C'est un procès de la honte et de l'embarras, presqu'un scandale. Ce sont la liberté, la démocratie et la paix qui sont jugées aujourd'hui. Mais personne ne pourra nous empêcher d'aider nos amis dans la rue", a lu une porte-parole de l'Association médicale turque.

Sans précédent depuis l'arrivée du gouvernement islamo-conservateur au pouvoir en 2002, ce mouvement de contestation a débuté fin mai 2013 par la mobilisation d'une poignée de militants écologistes opposés à la destruction du désormais fameux parc Gezi, en lisière de l'emblématique place Taksim d'Istanbul.

Après une violente intervention des forces de l'ordre le 31 mai à l'aube, ce combat s'est transformé en une vague de contestation politique sans précédent contre la dérive jugée autoritaire et islamiste de M. Erdogan.

Pendant trois semaines, plus de 3,5 millions de Turcs ont défilé dans une centaine de villes du pays, lors de manifestations sévèrement réprimées par les forces de l'ordre qui se sont soldées par au moins 8 morts, plus de 8.000 blessés et des milliers d'arrestations.

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