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12/06/2014 04:31 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

Mondial-2014: copup d'envoi du "Mundial do Brasil" entre fête et heurts

Le Brésil a donné jeudi le coup d'envoi de son Mondial à Sao Paulo, où a débuté le match d'ouverture contre la Croatie, réveillant la passion vert et jaune des Brésiliens malgré des heurts et mouvements sociaux limités.

L'arbitre japonais Yushi Nishimura a sifflé à 20H00 GMT le coup d'envoi du match d'ouverture Brésil-Croatie... et du plus grand événement sportif planétaire avec les JO qui finira en apothéose le 13 juillet au stade Maracana de Rio de Janeiro, le temple du football brésilien.

Les quelque 60.000 spectateurs massés dans les tribunes de l'Arena Corinthians, dans leur immense majorité des Brésiliens portant le maillot jaune de la Seleçao cinq fois championne du monde, ont entonné à l'unisson l'hymne brésilien.

Mais le match a mal débuté pour le Brésil, mené 1-0 après un but contre son camp du défenseur Marcelo.

Une cérémonie d'ouverture suivie par un milliard de téléspectateurs, animée par 600 danseurs et rythmée par les tambours afro-brésiliens d'Olodum, avait auparavant célébré les "trésors du Brésil", sa nature et ses diversités raciales et culturelles.

Au milieu d'une immense sphère en forme de ballon qui s'est ouverte en pétales, l'icône de la pop latina Jennifer Lopez, le rappeur Pitbulll et la star locale Leitte ont interprêté la chanson officielle du Mondial "We are One".

Seule fausse note avant le coup d'envoi, la présidente Dilma Rousseff, accompagnée dans la tribune officielle par une douzaine de chefs d'Etats et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, a été sifflée par une partie du public.

Le lancement du Mondial brésilien a été précédé d'affrontements sporadiques entre policiers et manifestants, dans la matinée et en début d'après-midi, à une dizaine de kilomètres du stade. Les manifestants voulaient bloquer une grande avenue menant à l'Arena Corinthians.

Une journaliste américaine de CNN a été légèrement blessée par une capsule de gaz lacrymogène, a twitté le correspondant de la chaîne à Sao Paulo.

Des affrontements violents ont ensuite éclaté entre un petit groupe de radicaux masqués et la police, en marge d'un rassemblement pacifique de quelques centaines de manifestants près des bureaux de la compagnie du métro de Sao Paulo.

Ces heurts sont intervenus alors que des appels à manifester ont concerné neuf des douze villes hôtes du Mondial, via les réseaux sociaux.

Une manifestation d'abord pacifique à Rio a fini également dans la confusion. Une autre manifestation rassemblait dans l'après-midi tout au plus 200 manifestants anti-Coupe. A quelques centaines de mètres de là, sur la légendaire plage de Copacabana était noire de milliers de supporteurs enthousiastes massés au fan-fest de la Fifa.

- Eviter la répétition de 2013 -

Dans la matinée, des grévistes de l'aéroport international Carlos Jobim/Galeao de Rio ont bloqué pendant un moment la principale voie d'accès aux terminaux, provoquant un embouteillage et faisant manquer leur vol à des passagers. A Natal (nord-est), une grève partielle des autobus a provoqué des files d'attente.

Cette agitation pour le moment d'ampleur limitée laisse planer la menace d'une réédition des manifestations historiques qui avaient enflammé le Brésil en juin 2013 en pleine Coupe des Confédérations, la répétition grandeur nature du Mondial.

En dehors de ces mouvements, l'ambiance s'est soudain réchauffée à l'approche de l'entrée en lice de la Seleçao.

Dans le centre d'affaires de Rio, presque tout le monde, de l'employé(e) de bureau au livreur en bicyclette était vêtu de déclinaisons du drapeau national: jupes à rayures bleus et vertes, robes jaunes, T-shirts de Neymar...

Une grand drapeau du Brésil a été déployé aux pieds du Christ Rédempteur.

Le pape François a appelé de ses voeux "une fête de solidarité entre les peuples" et au respect mutuel des joueurs et supporters, dans un message en portugais à destination des médias brésiliens.

Ce Mondial constitue un défi immense pour le géant émergeant d'Amérique latine, après sept ans de préparation laborieuse et troublée.

Ce pays continent de 200 millions d'habitants devra démontrer qu'il est capable d'organiser un événement sportif majeur, quatre ans après le succès du Mondial en Afrique du Sud.

- La Seleçao détient la clé -

Le match d'ouverture du Mondial sert de "test" à pleine capacité, dans des domaines aussi cruciaux que la circulation et l'orientation des flux de spectateurs (61.600), l'accès des équipes dans un environnement saturé ou la sécurité.

L'arrivée des supporteurs à l'Arena Corinthians s'est bien déroulée malgré quelques bousculades.

Ce stade dont la livraison à la Fifa était initialement prévue en décembre 2013, est à peine terminé. La construction a été interrompue à de multiples reprises et trois ouvriers sont morts sur ce chantier interminable.

Dans un pays où le football est considéré comme une véritable religion, les Brésiliens attendent de belles victoires de la "Seleçao" locale, dirigée par le débonnaire Luiz Felipe Scolari, qui avait largement contribué à coudre une cinquième étoile sur le maillot auriverde en 2002, avec la génération Ronaldo.

Celui que l'on surnomme "Felipao", soutenu par 68% des Brésiliens, a enfilé les habits de prêcheur. "A tous les Brésiliens, je veux dire que l'heure est arrivée. Nous sommes tous ensemble. C'est notre Coupe du monde", a-t-il lancé lors de la conférence de presse d'avant-match mercredi soir.

Une victoire du Brésil face à la Croatie permettrait à la Seleçao d'entamer de manière idéale son Mondial.

Mais aussi de donner un élan à l'événement en faisant se lever une vague d'enthousiasme dans tout le Brésil, après les polémiques sur l'attribution du Mondial-2022 au Qatar et les histoires de gros sous qui ont pollué le Congrès de la Fifa au cours des dernières 48 heures à Sao Paulo.

bur-pal/dhe