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12/06/2014 03:44 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

Mondial-2014 - Le Brésil vibre enfin pour sa "Copa", malgré les manifestations

Au moment de l'entrée en piste de la Seleçao, la fièvre du Mondial semble enfin avoir gagné le Brésil, où touristes et supporters brésiliens célèbrent l'évènement planétaire sans trop se soucier des manifestants qui ont déclaré la guerre à la fête du foot.

"La Coupe n'aura pas lieu!", scandaient pourtant dans la matinée une soixantaine de manifestants anti-Mondial aux abords d'une station de métro de la mégapole brésilienne de 20 millions d'habitants. Ce petit groupe voulait bloquer une avenue menant au stade, mais il a été rapidement dispersé par des policiers anti-émeute à coups de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes.

Une heure après, les heurts ont brusquement repris entre policiers et une centaine de manifestants qui ont arraché des panneaux et feux de signalisation pour édifier des barricades.

Ils ont incendié des poubelles et lancé des pierres sur les forces de l'ordre au cours d'un long face sur l'avenue Alcantara Machado qui s'est finalement terminé par leur dispersion à coups de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc.

Une fois dégagée, l'avenue a ensuite vu s'approcher des centaines de supporteurs locaux venus apercevoir le bus de l'équipe auriverde.

Mais ils ont vite déchanté, la fédération ayant finalement pris la prudente décision d'emprunter un autre chemin.

"C'est triste pour les supporters. J'ai compris que c'était à cause des affrontements ici. C'est triste qu'il y ait des manifestations maintenant", confie à l'AFP l'analyste financier Pedro Augusto de Jesus, 28 ans et vêtu du maillot auriverde.

A une dizaine de kilomètres de là, au Stade Arena Corinthians, l'ambiance était bien à la fête après la cérémonie d'ouverture et avant le coup d'envoi du match inaugural Brésil-Croatie à 20H00 GMT.

Aux abords de l'enceinte, les supporters croates sont les stars du moment, assaillis par des Brésiliens qui veulent prendre des photos avec eux. "Je suis très excitée. Très heureux", confie Ivan Tomic, 40 ans, venu au stade en métro avec un groupe d'amis.

Peu avant la cérémonie d'ouverture, la station de métro Luz, proche du stade, était remplie à craquer de fans brésiliens en jaune et vert et de Croates en rouge et blanc dans un tintamarre de vuvuzelas. Non loin de là les vendeurs de billets au marché noir faisaient leur petit commerce en prenant soin d'éviter les policiers.

Gutemberg Santos, 42 ans, se réjouissait quant à lui de vendre ses tee shirts et drapeaux comme des petits pains: "C'est une très bonne journée. Il y a beaucoup de gens qui vont au stade, tout le monde a l'air content et heureux"

- Après les manifs la fête -

Dans tout le pays, l'apathie de ces dernières semaines s'est subitement estompée. Et la passion était de plus en plus palpable à mesure de l'approche du match d'ouverture.

A une demi heures de la rencontre, les rues des villes du pays se sont très rapidement vidées, à l'exception des terrasses des bars et restaurants équipés d'écrans plats.

Au sommet du célèbre Corcovado de Rio, un drapeau brésilien géant a été fixé au pied du Christ roi. Juste à côté, un fan argentin tentait de rivaliser avec un drapeau barré du fameux "Yes We Can" cher à Barack Obama.

L'ambiance allait aussi crescendo sur la légendaire plage de Copacabana, où la "Fan zone" de la Fifa était prise d'assaut par les supporters peu avant la diffusion du match sur écran géant.

Une joyeuse troupe d'Anglais a acheté une dizaine de maillots brésiliens floqués "Neymar" à la grande joie d'un marchand ambulant.

Dans le centre-ville, l'atmosphère festive a été brièvement troublée à la mi-journée par une manifestation d'un millier de militants anti-mondial qui s'est terminée par des heurts sporadiques entre jeunes radicaux et policiers.

La contagion a même gagné Brasilia. Dans la capitale, l'ambiance habituellement compassée s'est sensiblement déridée et cadres et fonctionnaires se parent de jaune et vert, jusque dans les ministères.

La présidente Dilma Rousseff a elle-même donné le la, en apparaissant aux côtés de son homologue chilienne avec une veste verte.

A Curitiba (sud), Benedito Ribas, un banquier de 59 ans, arbore le maillot bleu du Brésil: "Pour l'instant l'ambiance est calme mais il suffit que le Brésil commence à gagner et elle montera d'un cran. En revanche, s'il perd, les gens seront en colère".

Dans les rues de la ville, quelques vendeurs opportunistes surfant sur la vague anti-Mondial proposaient des tee-shirts barrés du slogan "Fuck World Cup 2014 in Brazil."

bur-ag/dhe