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12/06/2014 09:44 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

Mondial-2014 - Italie: Pirlo, empereur sur le tard

Andrea Pirlo, reconnu comme un génie seulement ces dernières années, bien après avoir tout gagné, reste la star de l'Italie qui commence son Mondial contre l'Angleterre, samedi à Manaus, où il devrait jouer avec son héritier, Marco Verratti.

L'Italie dépend-elle de Pirlo? "Mais non, répond le barbu le plus célèbre d'Italie depuis Bud Spencer et Luciano Pavarotti. "Elle dépend de l'équipe, de ses 23 joueurs, répond-il. Pour aller au bout, on a besoin de tout le monde".

Cette réponse diplomatique sied parfaitement au calme impérial de Pirlo, mais à la vérité si l'Italie veut gagner le Mondial, elle a besoin du meilleur Pirlo, âgée de 35 ans, qui raccrochera le maillot azzurro à la fin du Mondial.

Il a pourtant rarement été considéré comme un "fenomeno" (phénomène) avant ces deux dernières années, malgré une Coupe du monde (2006) et deux Ligues des champions (2003, 2007) avec l'AC Milan.

Son Euro-2012 éblouissant lui a permis d'accéder au statut. Mais "être reconnu comme une star ne m'a jamais intéressé, assure-t-il, je veux juste jouer, m'amuser, gagner et faire avancer l'équipe. C'est vous (les journalistes) qui faites de certains joueurs des stars."

Pirlo fait le modeste, mais l'an dernier il a reçu l'hommage du Maracana contre le Mexique, en Coupe des confédérations, l'équivalent de Pavarotti acclamé à la Scala de Milan.

- L'hommage du Maracana -

"Pour mon premier match au Brésil, recevoir l'ovation d'un tel stade était une grande émotion", reconnaît-il. Un tel honneur, le jour de sa 100e sélection, pour un coup franc somptueux, "montre que vous avez laissé une trace", avait-il déjà dit à ce sujet.

Les Anglais aussi reconnaissent le talent de celui que leur entraîneur, Roy Hodgson, présente comme le danger numéro un pour son équipe. Et Joe Hart n'a certainement pas oublié le tir au but de Pirlo, une "panenka" pour moucher l'insolent qui avait osé tiré langue au maître, en quarts de finale de l'Euro.

Il nie cependant que cet épisode puisse lui donner un quelconque avantage psychologique sur le gardien de Manchester City. "Ma nooo! C'était un autre match, tous sont différents, il y aura de nouvelles émotions vendredi", répond-il.

Élégant dans ses gestes de footballeur, "l'Architecte" a également le bon goût de toujours rester calme, malgré le marquage rude qu'il subit souvent.

"Cela fait partie du jeu, commente-t-il, j'ai l'habitude maintenant d'avoir un joueur sur le dos, ça ne me plaît pas mais je m'y fais, quant au calme, c'est mon caractère de ne pas m'énerver, de ne pas protester."

La nouveauté par rapport à 2012 pourrait venir du fameux système à deux "play" étrenné contre le Luxembourg (1-1) en amical: le passé, le présent (Pirlo) et l'avenir (Verratti) de l'Italie ensemble.

- Jeu long -

"Cette nouvelle solution avec un milieu plus bloqué devant la défense (Daniel De Rossi) et deux milieux plus créatifs, nous plaît", juge l'étoile.

Le joueur du Paris Saint-Germain "est jeune, mais il a une grande expérience internationale grâce à deux saisons de Ligue des champions comme titulaire", juge Pirlo.

Leurs jeux diffèrent un peu, "lui joue plus dans les petits espaces, et moi je cherche plus la +giocata+ (action décisive) dans la profondeur, mais il est jeune il a le temps de s'améliorer", commente le joueur de la Juventus, qui a prolongé de deux ans son contrat avec son club.

Le système à deux meneurs de jeu reculés dans un 4-1-4-1 plaît aussi à Prandelli. "Si nos adversaires marquent Pirlo, nous avons un autre homme!" a dit le sélectionneur.

Pour le maître, "il n'y a aucun problème, Verratti sait jouer au foot et peut le faire avec n'importe qui".

Mais il refuse de prononcer le mot "héritier" malgré l'insistance des journalistes. "Verratti est un grand joueur et sera un des meilleurs d'Europe", glisse Pirlo. Une passation de pouvoirs?

eba/dhe