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12/06/2014 06:07 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

Mondial-2014 - Brésil: Neymar, le sauveur de la nation

Bien mal embarqué et mené dès la 11e minute sur un but contre son camp de Marcelo, le Brésil a une fois de plus pu compter sur son prodige Neymar qui, grâce à un doublé, a largement contribué au succès face à la Croatie (3-1), jeudi lors du match d'ouverture du Mondial.

Neymar a d'abord égalisé en première période avant de donner l'avantage aux siens sur un penalty généreusement accordé par l'arbitre japonais Yuichi Nishimura.

"Je suis vraiment heureux de ces deux buts et d'avoir aidé l'équipe, mais c'est toute l'équipe qu'il faut féliciter", a réagi l'attaquant.

"Quand l'équipe joue de façon aussi collective, c'est tès dur de nous battre".

Le N.10 de la Seleçao aurait probablement rêvé d'inscrire le premier but de ce 20e Mondial. Il n'en est pas passé loin mais le destin, si bienveillant avec lui, en avait cette fois décidé autrement en plaçant la Croatie en tête, contre toute attente.

L'attaquant, formé à Santos et qui fait désormais les beaux jours de Barcelone, a alors pris les choses en main, avec autorité.

Son envie irrésistible de tout donner lui a joué des tours à la 27e minute quand un coup de coude à Modric lui a valu un carton jaune.

Mais deux minutes plus tard, le génie a parlé: servi par Oscar, Neymar a profité d'un petit trou d'air dans la défense et a déclenché un tir du gauche à ras-de-terre, qui a d'abord filé entre les jambes de Lovren, avant de rentrer dans le but, avec l'aide du poteau. La Seleçao, grandissime favorite de son Mondial, égalisait (1-1) et pouvait enfin retrouver un peu de sérénité.

L'enfant-roi, joignant les deux mains pour former un coeur, se précipitait alors vers le banc brésilien qui s'était levé comme un seul homme pour saluer le but salvateur. Et au loin, au-dessus de Sao Paulo, alors que le ciel s'était soudainement chargé de nuages, jaillissaient des feux d'artifice.

- Sens de l'esquive -

"J'espère aider mon équipe à atteindre notre rêve qui est de gagner la Coupe du monde", avait déclaré la veille Neymar, qui à seulement 22 ans, venait d'inscrire son 32e but en 50 sélections.

Le 33e arrivait en seconde période et libérait tout un peuple. L'attaquant transformait un penalty accordé pour une faute discutable sur Fred (2-1, 71e), avant de sortir à la 88e minute, sous une ovation, remplacé par Ramires. Oscar donnait plus d'ampleur (3-1) au succès d'une équipe qui a pourtant tremblé.

"Aujourd'hui, il y avait beaucoup de pression sur lui, et aujourd'hui, il marque deux buts", s'est félicité Luiz Felipe Scolari.

"C'est un joueur spécial, il n'a pas besoin qu'on lui dise qu'il est le meilleur du monde. Non, il doit d'abord jouer pour le Brésil. Qu'il devienne le meilleur joueur du monde, ce sera la juste conséquence", a ajouté son sélectionneur.

Neymar Da Silva Santos Junior, né le 5 février 1992 à Mogi das Cruzes, dans l'Etat de Sao Paulo, est un attaquant de poche d'1,74 m pour 68 kg, loin du calibre d'un Ronaldo. Il tire sa force de sa vitesse et d'un sens éblouissant de l'esquive et du dribble. Après le succès brésilien en Coupe des Confédérations, il y a juste un an contre l'Espagne, il a rejoint la saison dernière le FC Barcelone.

Très attendu par tout un peuple traumatisé par la défaite de son équipe lors du premier Mondial organisé au Brésil en 1950, celui qui est vite devenu une star mondiale, à l'instar de l'Argentin Messi et du Portugais Cristiano Ronaldo, a déjà réussi son entame de Mondial. Mais il lui reste encore du chemin à accomplir pour atteindre son rêve et rejoindre au panthéon du football brésilien d'immenses attaquants qui l'ont précédé, tels Garrincha, double champion du monde (1958-62), Vava, Gilmar, Zico ou plus récemment Romario, Ronaldinho ou Ronaldo.

Mais il est une chose que Neymar ne pourra probablement jamais réaliser, c'est remplacer dans le coeur des Brésiliens l'idole absolue, Edson Arantes Do Nascimento, dit "Pelé", auteur à 17 ans en 1958, lui aussi, d'un doublé, mais en finale contre la Suède, lors de la première de ses trois couronnes mondiales.

ebe/sk