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12/06/2014 10:19 EDT | Actualisé 12/06/2014 12:29 EDT

Mondial 2014: gaz lacrymogènes à Sao Paulo, l'aéroport de Rio bloqué (PHOTOS)

ASSOCIATED PRESS
A protester is detained by police during a demonstration by people demanding better public services and against the money spent on the World Cup soccer tournament in Sao Paulo, Brazil, Thursday, June 12, 2014. Brazilian police clashed with anti-World Cup protesters trying to block part of the main highway leading to the stadium that hosts the opening match of the tournament. (AP Photo/Nelson Antoine)

Le Brésil, "LE" pays du football, donne jeudi le coup d'envoi du Mondial à Sao Paulo où la police a dispersé un groupe de manifestants, à quelques heures du match d'ouverture Brésil-Croatie.

Le Mondial démarre dans un contexte troublé de grèves et de manifestations qui pourraient perturber le plus grand événement sportif de la planète avec les jeux Olympiques.

A Sao Paulo, des policiers anti-émeute ont tiré gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes contre un groupe d'une soixantaine de manifestants anti-Mondial qui venaient à peine de se rassembler aux abords d'une station de métro en chantant: "La Coupe n'aura pas lieu.

Une journaliste américaine de CNN a été légèrement blessée par une capsule de gaz lacrymogène, a twitté le correspondant de la chaîne américaine à Sao Paulo.

Les manifestants voulaient bloquer une grande avenue menant au stade Arena Corinthians, où sera donné le coup d'envoi du Mondial en présence de 12 chefs d'Etat étrangers et du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Plus d'un milliard de téléspectateurs répartis dans 200 pays suivront la cérémonie d'ouverture, prévue à 15H14 locales (18H14 GMT), pour environ 25 minutes, juste avant le match inaugural Brésil-Croatie à Sao Paulo à 20H00 GMT.

Des appels à manifester jeudi contre dans neuf des 12 villes hôtes du Mondial circulent sur les réseaux sociaux.

A Belo Horizonte (centre-ouest), des agences bancaires et commerces ont barricadé leur devantures par craintes d'actes de vandalisme.

Deux manifestations sont prévues à Rio de Janeiro, l'une dans le centre le matin, l'autre sur la plage de Copacabana dans l'après-midi, non loin du fan-fest de la Fifa.

Des grévistes de l'aéroport international Carlos Jobim/Galeao de Rio ont bloqué pendant un moment, la principale voie d'accès aux terminaux, provoquant un embouteillage et faisant manquer leur vol à des passagers.

A Natal (nord-est), une grève partielle des autobus provoquaient des files d'attentes.

Cette agitation pour le moment d'ampleur limitée laissant planer la menace d'une réédition des manifestations historiques qui avaient enflammé le Brésil en juin 2013 en pleine Coupe des Confédérations, la répétition grandeur nature du Mondial.

Mais à quelques heures du coup d'envoi et de l'entrée en lice de la Seleçao, l'ambiance était plutôt bon enfant au Brésil.

Dans le centre d'affaires de Rio, presque tout le monde, de l'employé(e) de bureau au livreur en bicyclette était vétu de déclinaisons du drapeau national: jupes à rayures bleus et vertes, robes jaunes, T-shirts de Neymar...

Une grand drapeau du Brésil a été déployé aux pieds du Christ Rédempteur.

Le pape François a appelé de ses voeux "une fête de solidarité entre les peuples" et au respect mutuel des joueurs et supporters, dans un message en portugais à destination des médias brésiliens.

Ce Mondial constitue un défi immense pour le géant émergeant d'Amérique latine.

Ce pays continent de 200 millions d'habitants devra démontrer qu'il est capable d'organiser un événement sportif majeur, quatre ans après le succès du Mondial en Afrique du Sud.

Les organisateurs doivent lever les premiers doutes dès l'arrivée des spectateurs dans l'Arena Corinthians de Sao Paulo. Construit dans le quartier populaire d'Itaquera, ce stade symbolise les soubresauts traversés depuis la désignation du pays en 2007.

- Test à pleine capacité

Le stade, dont la livraison à la Fifa était initialement prévue en décembre 2013, est à peine terminé. La construction a été interrompue à de multiples reprises et trois personnes sont mortes au cours de ce chantier interminable.

Le match d'ouverture du Mondial servira de "test" à pleine capacité, dans des domaines aussi cruciaux que la circulation et l'orientation des flux de spectateurs (61.600), l'accès des équipes dans un environnement saturé ou la sécurité.

A Sao Paulo, qui s'est réveillé sous un grand ciel bleu, la journée a été décrétée fériée.

Ce férié "facultatif" semblait bien suivi par la population et la circulation, d'ordinaire chaotique, était plus fluide que d'habitude dans le centre-ville.

- Oublier le Qatargate -

Dans un pays où le football est considéré comme une véritable religion, les Brésiliens attendent de belles victoires de la "Seleçao" locale, dirigée par le débonnaire Luiz Felipe Scolari, qui avait largement contribué à coudre une 5e étoile sur le maillot auriverde en 2002, avec la génération Ronaldo.

Celui que l'on surnomme "Felipao", soutenu par 68% des Brésiliens, a enfilé les habits de prêcheur. "A tous les Brésiliens, je veux dire que l'heure est arrivée. Nous sommes tous ensemble. C'est notre Coupe du monde", a-t-il lancé lors de la conférence de presse d'avant-match mercredi soir.

Jeudi matin, tous les médias étaient sur le pied de guerre et la "Copa do Mundo" était sur toutes les lèvres.

"L'heure est venue", titrait notamment le grand quotidien O Globo, alors que le journal sportif Lance! clamait "Nous sommes tous le Brésil". De son côté, Folha de Sao Paulo pointait "Une Seleçao en forme et une organisation en berne".

Une victoire face à la Croatie permettrait à la Seleçao d'entamer de manière idéale son Mondial, et surtout d'éviter le spectre d'un match "à la vie, à la mort" face à l'Espagne ou aux Pays-Bas, dès les huitièmes de finale.

Une victoire permettrait aussi de donner un élan au Mondial en faisant se lever une vague d'enthousiasme dans tout le Brésil, après les polémiques sur l'attribution du Mondial-2022 au Qatar et les histoires de gros sous qui ont pollué le Congrès de la Fifa au cours des dernières 48 heures à Sao Paulo.

Michel Platini, président de l'UEFA, a annoncé jeudi qu'il ne soutiendrait pas Joseph Blatter, président de la Fifa qui ne cache plus ses envies de 5e mandat, même s'il respectait l'homme.

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