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12/06/2014 01:33 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

Le Portugal renonce à la dernière tranche d'aide de son plan de sauvetage

Le gouvernement portugais a décidé de renoncer à la dernière tranche d'aide de son plan de sauvetage international conclu en mai, estimant ne pas être en mesure de trouver des mesures de rigueur, dans les délais prévus par ses créanciers, pour compenser celles invalidées fin mai.

Le versement de la dernière tranche du plan d'aide international du Portugal, de 2,6 milliards d'euros, avait été suspendu après le rejet par la Cour constitutionnelle de plusieurs mesures de rigueur inscrites au budget 2014, parmi lesquelles une baisse des salaires des fonctionnaires supérieurs à 675 euros.

Après cette décision, le gouvernement devait trouver dans les plus brefs délais des mesures alternatives afin de combler un manque à gagner pour les coffres de l'Etat estimé à environ 600 millions d'euros.

"Il ne nous est pas possible de d'adopter ces mesures avant le 30 juin (...), si bien que nous ne pourrons pas recevoir la dernière tanche", a expliqué Maria Luis Albuquerque à l'issue du conseil des ministres.

Le gouvernement n'a pas souhaité demander à ses bailleurs de fonds un délai supplémentaire pour présenter ces mesures, car cela entraînerait "une extension du programme", ce qui risquerait de nuire "à la crédibilité du pays", a-t-elle ajouté.

Le Portugal, qui bénéficiait depuis 2011 d'un plan d'aide de 78 milliards d'euros en échange d'un programme de rigueur et de réformes, s'est affranchi le 17 mai dernier de la tutelle de ses créanciers sans demander une ligne de crédit de précaution.

Pour compenser en partie la manque à gagner créé par les décisions de la Cour constitutionnelle, le gouvernement prévoit d'introduire des coupes provisoires, entre 3 et 10%, dans les salaires des fonctionnaires supérieurs à 1.500 euros. Ces coupes salariales avaient déjà été appliquées entre 2011 et 2013.

Cette mesure, qui sera soumise au Parlement, où le gouvernement de centre droit dispose d'une majorité, "entrera en vigueur le plus rapidement possible", a précisé Mme Albuquerque.

Le gouvernement attend de connaître le verdict de la justice concernant d'autres mesures de rigueur avant de présenter l'ensemble des mesures destinées à remplacer celles rejetées par la justice.

Mme Albuquerque, qui a réaffirmé la détermination du gouvernement "à poursuivre la consolidation budgétaire et les réformes structurelles", a assuré que le Portugal s'était constitué "des réserves" financières.

La troïka des créanciers du Portugal (UE-BCE-FMI) a aussitôt salué dans un communiqué "la détermination du gouvernement" à respecter les objectifs budgétaires, de ramener notamment le déficit à public à 4% du PIB cette année, puis à 2,5% en 2015.

La troïka a également encouragé le Portugal à "poursuivre les réformes", avec des "politiques économiques rigoureuses".

"Le plus important est que le Portugal réaffirme son engagement à poursuivre les réformes", a relevé de son côté le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a salué en outre les efforts du Portugal qui a su "regagner la confiance des marchés financiers".

Mercredi, le Portugal a réussi avec succès sa première émission de dette à long terme depuis sa sortie du plan d'aide, en empruntant 975 millions d'euros à dix ans, un montant supérieur à la fourchette visée pour cette opération, à un taux d'intérêt en nette baisse.

lf/gg