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12/06/2014 01:42 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

L'avancée des jihadistes en Irak, "menace sérieuse" pour la région (Fabius)

La progression des jihadistes en Irak qui avançaient jeudi vers Bagdad en provenance du nord-ouest, est une menace pour l'unité du pays et la stabilité de la région, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

"Je suis très vivement préoccupé par la situation en Irak. La progression de l'organisation terroriste Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) met gravement en danger l'unité et la souveraineté de l'Etat irakien, auxquelles la France est attachée", a déclaré M. Fabius dans un communiqué.

Cette avancée des combattants jihadistes qui se sont emparés de larges territoires du nord-ouest de l'Irak face à une armée en déroute, "fait peser une menace sérieuse sur la stabilité de l'ensemble de la région", a-t-il estimé.

"La communauté internationale doit impérativement se saisir de la situation", a ajouté le ministre français, au moment où le Conseil de sécurité de l'ONU tenait des discussions à New York sur la flambée de violence en Irak depuis le début de la semaine.

Laurent Fabius a appelé les autorités irakiennes "à tout mettre en oeuvre pour garantir la sécurité des civils, quelle que soit leur communauté, et à assurer la protection des populations déplacées", alors que des milliers de personnes ont fui les combats.

Le chef de la diplomatie française a également condamné la prise en otage de plusieurs dizaines de ressortissants turcs au consulat de Turquie à Mossoul, deuxième ville d'Irak, tombée mardi aux mains des jihadistes. Il a "appelé à leur libération immédiate".

"Nous sommes également mobilisés sur la situation de nos compatriotes en Irak. Instruction a été donnée pour des messages de vigilance renforcée", a poursuivi M. Fabius. 317 Français dont une majorité de binationaux vivent à Bagdad, selon le ministère des Affires étrangères français.

Tous les déplacements dans le nord de l'Irak et à Bagdad, sont "formellement déconseillés", "compte tenu de la dégradation sensible de la situation sécuritaire dans le nord (à l'exception des trois provinces du Kurdistan irakien) et des menaces pesant sur Bagdad", indiquait jeudi le site internet du ministère.

Face à la "menace terroriste" que la France "condamne fermement", Laurent Fabius estime que les responsables politiques irakiens doivent apporter "une réponse politique qui préserve l'unité de l'Irak". "Pour faire face à cette crise, il est indispensable qu'un Premier ministre et qu'un gouvernement de rassemblement puissent agir", a-t-il souligné.

Le Premier ministre Nouri al-Maliki et le bureau du président irakien Jalal Talabani avaient déposé mardi une demande conjointe auprès du Parlement pour déclarer l'état d'urgence, face à l'avancée de l'EIIL, mais l'annulation de cette session jeudi témoigne des dysfonctionnements du Parlement.

Le bloc du Premier ministre sortant est arrivé en tête des législatives du 30 avril mais Nouri al-Maliki, favori pour un nouveau mandat, doit négocier des alliances pour former un gouvernement.

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