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12/06/2014 12:33 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

La Roumanie réduit les charges patronales sans accord du FMI

La Roumanie va réduire les charges patronales à partir d'octobre même si le Fonds monétaire international (FMI) n'a pas donné son accord à cette mesure, a annoncé jeudi le Premier ministre Victor Ponta.

"Le gouvernement va envoyer la semaine prochaine au Parlement un projet de loi sur la baisse des charges à partir du 1er octobre", a déclaré M. Ponta au cours d'une conférence de presse.

"Nous avons les moyens de compenser l'impact négatif sur les recettes publiques (...) sans augmenter taxes ou impôts", a-t-il ajouté, précisant que le manque à gagner pour l'Etat au cours du 4e trimestre s'élèverait à 850 millions de lei (193 millions d'euros). La baisse sera de cinq points de pourcentage.

Interrogé pour savoir si le FMI avait donné son accord à cette mesure, M. Ponta a répondu: "Non".

Le FMI dont une délégation se trouve en Roumanie depuis le 2 juin, n'a pas réagi dans l'immédiat à cette annonce, alors que sa mission s'achève officiellement lundi.

M. Ponta a assuré que l'accord signé en 2013 avec la Commission européenne, le FMI et la Banque mondiale était "fonctionnel, n'a pas été ni ne sera résilié ou dénoncé".

Selon lui, les experts du FMI devraient revenir en novembre pour discuter notamment du projet de budget 2015.

Le souhait du gouvernement de réduire à partir de juillet les charges patronales, dont le niveau cumulé avec les charges salariales s'élève aujourd'hui à 45%, était au centre des discussions avec le FMI.

Mais ce projet s'est heurté à l'opposition des bailleurs de fonds qui ont exigé que toute réduction des charges soit assortie de mesures pour compenser la baisse des recettes.

Bucarest s'est engagé à réduire le déficit public à 2,2% en 2014, contre 2,5% l'année dernière, un objectif que M. Ponta a promis de respecter.

La Roumanie avait conclu en juillet 2013 un nouvel accord de deux ans avec le FMI et l'UE, accompagné d'une ligne de crédit de 4 milliards d'euros, que le gouvernement ne compte utiliser qu'en cas de crise majeure.

Cet accord, le troisième depuis 2009, prévoit le maintien sous contrôle du déficit public et l'accélération des réformes dans l'énergie et des transports.

Après avoir été frappé par une sévère récession en 2009 et 2010, ce pays a renoué avec la croissance en 2012 et compte enregistrer en 2014 une des plus fortes progressions du produit intérieur brut de l'Europe de l'est.

L'année dernière, la croissance s'était élevée à 3,5%.

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