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12/06/2014 08:43 EDT | Actualisé 12/06/2014 08:45 EDT

Justin Bourque, auteur présumé de la fusillade à Moncton, paranoïaque et tourmenté selon sa soeur aînée

RCMP

Justin Bourque, cet homme accusé d'être l'auteur de la fusillade survenue à Moncton le 4 juin, serait un individu torturé et paranoïaque, un état développé à cause d'une dépendance aux drogues, de difficultés relationnelles et d'une insécurité professionnelle selon sa soeur aînée, Sophie Bourque.

Dans une entrevue exclusive accordée au quotidien The Globe and Mail, Sophie Bourque explique que son frère avait développé une peur irrationnelle de se faire enlever ses armes.

Le jeune homme de 24 ans aurait commencé à avoir des problèmes à l'âge de 19 ans, lorsqu'il a commencé à consommer fréquemment de l'alcool. Selon elle, cette consommation «lui a causé des dommages au cerveau» et «après quelques années, il n'était plus le même».

Sophie Bourque croit que «plusieurs choses» ont mené à cette tragédie, dont cette consommation de drogues et d'alcool. Elle explique aussi que son frère vivait des moments difficiles, ayant perdu son emploi peu de temps après avoir quitté la demeure familiale, il y a deux ans, puis sa voiture. Il peinait aussi à établir une relation amoureuse.

Selon elle, il s'était mis à consulter plusieurs ouvrages portant sur des théories de la conspiration, et son état mental s'est dégradé. C'est à ce moment qu'il a développé une paranoïa envers ses armes et qu'il s'est mis à craindre de les perdre.

Jusqu'à présent, le passé de Justin Bourque était resté nébuleux. Son parcours est plutôt difficile à retracer, en partie parce qu'il a reçu une partie de son éducation à la maison et parce qu'il n'a jamais réussi à garder un emploi très longtemps.

Justin Bourque n'était pas connu des policiers, et plusieurs résidents vivant à proximité de la famille ne lui avaient jamais parlé.

Impuissants devant la tragédie

Sophie Bourque a vu son frère une heure à peine avant la tragédie. Ils avaient mangé ensemble et discuté au cours du repas. Elle explique qu'elle était surprise qu'il ne soit pas au travail, cette journée-là.

Justin Bourque lui aurait répondu qu'il avait demandé un congé de maladie et qu'il devait visiter un ami. Selon elle, il était calme, mais il évitait les contacts visuels.

Après quelques hésitations, la jeune femme admet «qu'il n'y a rien [qu'ils auraient pu faire]» pour éviter la tragédie.

La famille a vécu de durs moments à la suite de la fusillade. Ils se sont réfugiés pendant quelque temps dans un endroit, dont l'emplacement n'a pas été divulgué.

Ils seraient maintenant de retour chez eux et bénéficient d'un service de soutien. Selon Sophie Bourque, leurs parents «vont mieux, mais ils restent terriblement attristés».

La famille n'a pas revu Justin Bourque depuis son arrestation, mais devrait le visiter sous peu. Sophie Bourque refuse de défendre les actes «horribles» de son frère, mais souffre de l'image qu'il projette dans la société.

«Les gens tentent de lui enlever son humanité. Ils le traitent de monstre, c'est dur», avoue-t-elle.

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