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12/06/2014 03:29 EDT | Actualisé 11/08/2014 05:12 EDT

GB: la manipulation du marché des changes passible de la prison

Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a durci le ton jeudi contre la manipulation du marché des changes qui sera passible, comme celle du Libor, d'emprisonnement, un tour de vis destiné à restaurer "l'intégrité de la City".

"L'intégrité de la City est importante pour l'économie britannique. Les marchés fixent ici les taux d'intérêt des prêts immobiliers des gens, les taux de changes de nos exportations et de nos vacances et les prix des matières premières (utilisées) pour les biens que nous achetons", a déclaré George Osborne.

"Je vais m'occuper de ces abus, m'attaquer au comportement inacceptable de quelques-uns et m'assurer que les marchés sont équitables pour les nombreuses personnes qui en dépendent", a-t-il ajouté.

Mesure phare de ce tour de vis dévoilé par le chancelier de l'Echiquier: l'extension aux marchés des changes, des matières premières ou des instruments financiers à taux fixe des sanctions pénales, allant jusqu'à la prison, prévues dans le cadre des règles adoptées pour le Libor après le scandale de manipulation de 2012.

Ces marchés seront donc désormais eux aussi réglementés comme celui du taux interbancaire de référence.

Le tour de vis annoncé par George Osborne concernera aussi les banques étrangères présentes sur le territoire britannique.

Une mission d'un an confiée à la Banque d'Angleterre et au gendarme britannique des marchés FCA devra faire des recommandations sur les moyens de restaurer et de renforcer l'intégrité des marchés londoniens.

En décidant de durcir de son côté son arsenal législatif contre les abus de marché, le gouvernement britannique se tiendra à l'écart des règles européennes en la matière.

"Nos règles seront aussi dures voire plus dures que celles de l'Union européenne mais préserveront une certaine flexibilité destinée à refléter les spécificités de l'important secteur financier du Royaume-Uni", se justifie le gouvernement.

Cette annonce intervient juste avant le discours annuel de Mansion House que George Osborne doit prononcer jeudi soir devant la communauté financière réunie dans la City de Londres.

La manipulation présumée de l'énorme marché des changes est au centre d'une enquête de la FCA qui avait indiqué au printemps dernier avoir lancé des investigations, étendues depuis à d'autres pays, notamment à la Suisse et aux États-Unis.

Plusieurs grandes banques ont suspendu des cambistes dans le cadre de cette affaire. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, avait jugé en mars que cette affaire pourrait être "aussi grave" que celle de la manipulation du Libor.

mg/alm/jh