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12/06/2014 09:08 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

De plus en plus difficile de dénicher des produits à 1 $, estime Dollarama

MONTRÉAL - L'entrée en vigueur de tarifs douaniers sur une foule de produits en provenance de la Chine compliquera la tâche à Dollarama (TSX:DOL) pour dénicher de la marchandise à bas prix, prévient son président et chef de la direction, Larry Rossy.

En conférence téléphonique après l'assemblée annuelle des actionnaires, jeudi, M. Rossy a souligné aux analystes que la «clause de la nation favorite» — fréquente dans plusieurs traités de commerce international — ne s'appliquera plus à la Chine à compter du mois de janvier 2015.

Cette situation, combinée au recul du dollar canadien vis-à-vis la devise américaine, entraînera inévitablement une augmentation des coûts chez Dollarama.

«Nous n'avons jamais payé de tarifs douaniers sur des produits de porcelaine comme des tasses et des assiettes, a expliqué M. Rossy aux analystes. Cela passera de zéro à sept pour cent à compter de janvier.»

Le dirigeant, qui dit planifier ses achats en prévision de l'entrée en vigueur de ces tarifs, n'a pas l'intention de refiler la facture à ses clients, du moins pour l'instant.

«Passer cela aux clients, c'est plus facile à dire qu'à faire», a rappelé M. Rossy, qui s'attend à ce que cette situation accentue la pression sur la marge brute de l'entreprise, qui devrait osciller entre 36 pour cent et 37 pour cent pour l'exercice 2015.

Le pdg de Dollarama a également souligné que l'offre de produits pouvant être vendus aux alentours de 1 $ est de plus en plus restreinte, notamment parce que certaines entreprises chinoises semblent moins intéressées à en offrir.

D'après M. Rossy, le seul pays capable de continuer à offrir une vaste gamme de produits à 1 $ demeure les États-Unis.

«Dans le cas du Canada, cette catégorie (de produits à 1 $) semble être en train de migrer vers 1,25 $, a-t-il dit. Nous devrons ainsi acheter d'autres articles, avec une plus grande valeur, pour pouvoir les vendre 1,25 $ ou 1,50 $.»

Ventes et profits en hausse

Au deuxième trimestre, le détaillant québécois a vu ses ventes bondir de 12 pour cent pour se chiffrer à 501,1 millions $ en dépit des conditions météorologiques difficiles ayant fait fuir les consommateurs en hiver ainsi qu'au printemps.

À la même période l'an dernier, Dollarama avait enregistré des ventes de 448,1 millions $.

L'entreprise établie à Montréal a attribué ces résultats à l'ajout de nouveaux magasins depuis 12 mois ainsi qu'à des ventes robustes engrangées à Pâques. Vingt-cinq nouveaux magasins ont été ouverts au cours du trimestre, ce qui devrait permettre à Dollarama d'en ajouter de 70 à 80 autres au Canada cette année.

Le bénéfice net de l'entreprise s'est établi à 53,2 millions $, ou 78 cents par action, par rapport à 45,6 millions $, ou 62 cents par action, à la période correspondante de l'année dernière.

Les ventes des magasins ouverts depuis au moins an — un indicateur clé du secteur du commerce de détail — ont connu une progression de 3,3 pour cent, plus faible que celle de 3,7 pour cent enregistrée un an plus tôt.

Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, s'est montrée optimiste pour le reste de l'année, malgré les mauvaises conditions météorologiques ayant sévi au premier trimestre.

«Nous demeurons confiants de voir le bénéfice par action de Dollorama s'apprécier d'environ 20 pour cent sur notre période de prévision», écrit l'analyste dans une note envoyée par courriel.

Le recul du dollar canadien ainsi que la hausse des coûts de chauffage au cours de l'hiver ont eu une influence négative sur les marges de Dollarama, qui ont glissé de 0,5 pour cent pour s'établir à 35,4 pour cent.

«Les marges brutes continueront d’être sous pression en raison de l’effet de la hausse du dollar canadien sur les coûts d’approvisionnement ainsi que de l’augmentation du salaire minimum en Ontario», a souligné Peter Sklar, de BMO marché des capitaux.

Au cours du trimestre terminé le 4 mai, 62 pour cent des ventes de Dollarama provenaient de produits vendus à plus de 1 $, comparativement à 58 pour cent lors de la période correspondante en 2013.

Le détaillant québécois est le plus important exploitant de magasins à un dollar au Canada avec 899 magasins répartis à travers le pays.

En après-midi, à la Bourse de Toronto, le titre de Dollarama glissait de 2,19 $, à 93,04 $.