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12/06/2014 08:05 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

Après Tikrit et Mossoul, les insurgés irakiens veulent prendre Bagdad

BAGDAD - Les extrémistes inspirés par Al-Qaïda qui se sont emparés cette semaine de deux importantes villes sunnites en Irak ont promis jeudi de s'attaquer à la capitale, Bagdad, alors qu'on doute de la capacité du gouvernement chiite à freiner leur offensive spectaculaire.

Les combattants du groupe État islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont capturé mercredi Tikrit, la ville natale de l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, alors que soldats et membres des forces de l'ordre abandonnent leurs positions et cèdent du terrain auparavant contrôlé par les forces américaines.

Les insurgés s'étaient précédemment emparés de Mossoul, la deuxième plus grande ville irakienne et un des coeurs économiques du pays. Le groupe et ses alliés contrôlent également Fallujah et certains secteurs de la province sunnite d'Anbar, à l'ouest de Bagdad.

L'armée irakienne a de plus abandonné certains postes dans la ville multiethnique de Kirkouk, et elle a été remplacée par les forces de sécurité kurdes. Un responsable des combattants kurdes a expliqué qu'ils protègent notamment une base aérienne et d'autres sites, tout en niant qu'ils aient pris le contrôle complet de la ville.

Des affrontements entre les Kurdes et EIIL auraient fait neuf morts parmi les insurgés tard mercredi soir, près du village de Sinjar, à 400 kilomètres au nord-ouest de Bagdad. Quatre Kurdes auraient aussi été blessés.

La capitale irakienne ne semble toutefois pas menacée dans l'immédiat, en raison de son importante population chiite et de la présence de milices chiites qui défendraient la ville aux côtés des forces gouvernementales.

En comparaison, des images mises en ligne jeudi montrent les résidants de Tikrit célébrant l'arrivée des hommes d'État islamique. Quelques dizaines de personnes acclamaient les militants qui paradaient dans les rues à bord d'un véhicule militaire volé et d'une camionnette surmontée d'une mitrailleuse. Des cris de «Dieu est grand!» et des coups de feu de joie pouvaient aussi être entendus.

Un porte-parole d'EIIL a déclaré que le groupe attend depuis longtemps l'occasion de régler ses comptes avec le gouvernement du premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite.

Abou Mohammed al-Adnani a aussi prévenu que les combattants d'État islamique pourraient prendre deux autres villes chiites du sud de l'Irak, Karbala et Najaf, où on retrouve deux des sites les plus révérés par les chiites.

M. al-Adnani a ajouté que le principal commandant militaire de l'organisation, Adnan Ismail Najm, mieux connu sous le nom d'Abou Abdoul-Rahman al-Bilawi al-Anbari, a perdu la vie lors des récents affrontements en Irak.

Des militants ont aussi attaqué, jeudi, une point de contrôle des forces irakiennes à Tarmiyah, à 50 kilomètres au nord de Bagdad, faisant cinq morts et neuf blessés parmi les forces de l'ordre.

L'Iran aurait offert son aide à l'Irak pour lutter contre le terrorisme, tandis que le groupe humanitaire Human Rights Watch demandait à Bagdad de bloquer la progression d'EIIL sans pour autant avoir recours aux tactiques brutales dont les civils font souvent les frais.