POLITIQUE
11/06/2014 10:49 EDT | Actualisé 07/07/2014 03:01 EDT

Le Sommet sur l'enseignement supérieur a coûté 1,8M$

PC

QUÉBEC - Le grand sommet organisé par le gouvernement Marois pour mettre fin à la crise étudiante a coûté près de 1,8 million $, selon des chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur.

Tenu dans la foulée du printemps érable, le Sommet sur l'enseignement supérieur des 25 et 26 février 2013 a permis au gouvernement Marois de rallier les leaders étudiants et les membres de la société civile à une indexation des frais de scolarité de 3%.

C'est l'Institut du Nouveau Monde, dirigé par Michel Venne, qui a empoché la plus grosse part du gâteau. L'INM a reçu 599 499$ pour l'organisation de l'École d'hiver Spécial sommet, d'une durée de trois jours, de même que de quatre journées de forums citoyens dans diverses villes du Québec. Le montant inclut également une rémunération pour des services-conseils.

Le but de ces événements était de prendre le pouls de la population en vue du Sommet. L'École d'hiver était réservée aux jeunes, tandis que les forums citoyens étaient ouverts à tous.

Le gouvernement Marois a également organisé ses propres rencontres thématiques, chacune sur deux jours:

  • La qualité de l'enseignement supérieur (Québec, 29 et 30 novembre 2012): 62 863$
  • L'accessibilité et la participation aux études supérieures (Trois-Rivières, 13 et 14 décembre 2012): 62 244$
  • La gouvernance et le financement des universités (Sherbrooke, 17 et 18 janvier 2013): 76 820$
  • La contribution des établissements et de la recherche au développement de l'ensemble du Québec (Rimouski, 31 janvier et 1er février 2013): 63 761$

La tenue du Sommet lui-même à l'Arsenal, à Montréal, a coûté aux contribuables 485 143$. À cela s'ajoute 275 000$ en heures supplémentaires pour les policiers du SPVM, rapportait La Presse l'an dernier.

À noter, les coûts des chantiers qui ont découlé du Sommet ne sont pas inclus dans le décompte.

Le gouvernement Marois a également dépensé 412 185$ en publicité et promotion entourant le Sommet. Ce montant a été divisé entre l'agence de publicité LG2 et le Centre des services partagés pour le placement média. «Le but de ces messages consistait à rassurer la population, rendre concret les bénéfices humains de l'enseignement supérieur ainsi que de valoriser l'importance d'une société instruite et d'en faire connaître les avantages», explique un porte-parole du ministère.

Finalement, 27 342$ ont été consacrés au soutien administratif.

En avril 2013, Radio-Canada avait rendu publics certains montants liés à la tenue du Sommet. Le diffuseur faisait état d'un total de 816 868$. Le total obtenu par Radio-Canada ne comprenait pas les 412 185$ investis en publicité et promotion. Les coûts pour les rencontres thématiques diffèrent aussi grandement. Par exemple, les informations obtenues par Radio-Canada chiffraient la rencontre thématique de Sherbrooke à 6 451$. Le nouveau constat fait état d'un montant final de 76 820$.

«C'est cher payé»

L'actuel ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, n'a pas souhaité commenter la nouvelle. «Nous comptons mettre en application le plus possible les recommandations qui sortiront des chantiers» qui découlent du Sommet, a simplement dit l'attachée-presse du ministre, Yasmine Abdelfadel. Le ministre attend encore le dépôt de deux rapports issus des chantiers.

La critique du Parti québécois sur l'Enseignement supérieur, Véronique Hivon, n'a pas souhaité non plus répondre aux questions du Huffington Post Québec. «Le Parti québécois avait promis de régler la crise étudiante, la pire crise sociale que le Québec ait connue. Le gouvernement Marois a tenu sa promesse», a dit l'attachée-presse de l'aile parlementaire du PQ, Antonine Yaccarini.

«La crise elle-même a coûté 100 millions de dollars aux Québécois. C'était un exercice nécessaire et constructif», a-t-elle ajouté.

Pour sa part, le directeur de l'INM, Michel Venne, est hors du pays. La directrice des communications de l'INM a confirmé le montant de 599 499$ reçu de la part du gouvernement pour organiser les cinq activités.

Elle n'a toutefois pas été en mesure de ventiler le montant de façon plus précise. «La démarche de consultation qui a été faite dans les cinq régions du Québec a pu réunir l'information provenant de plus de 1000 citoyens. C'est surtout le témoignage des citoyens qui était intéressant. Il n'y a pas de données factuelles. Ce sont les témoignages des citoyens qui nous avons pu remettre par la suite entre les mains du ministre», explique Sophie Séguin.

Le critique de la CAQ sur l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, estime que «c'est cher payé pour ce que ça a apporté.» «Mais c'est dans la plus pure tradition péquiste des sommets fastes et des consultations à pu finir, ajoute-t-il. Il y aurait certainement eu moyen de faire ça de façon plus efficace.»

Le député ajoute que le Sommet a eu certaines conséquences positives. «Il y a quand même eu des travaux qui ont fait avancer les choses en enseignement supérieur, dit-il. Notamment un Conseil national des universités qui devrait être mis sur pied suite à ça. Je pense que ça prenait de la concertation.»

Jean-François Roberge dénonce toutefois la «volte-face» du Parti québécois qui promettait le gel des frais de scolarité en campagne électorale et a finalement imposé une indexation.

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