POLITIQUE
11/06/2014 03:00 EDT | Actualisé 11/06/2014 03:13 EDT

Aide médicale à mourir: Gaétan Barrette répond à Peter MacKay

PC

QUÉBEC - Gaétan Barrette a balayé du revers de la main la mise en garde adressée aux médecins québécois par le ministre fédéral de la Justice au sujet de l'aide médicale à mourir.

Peter MacKay a lancé un message aux médecins québécois mercredi. Ceux-ci devraient respecter le Code criminel, malgré l'adoption du projet de loi sur les soins en fin de vie.«Respectez les sanctions actuelles dans le Code criminel. Voici le conseil que je leur donnerais», a dit le ministre MacKay.

Le litige entre les deux paliers de gouvernement porte sur la juridiction qui s'applique à propos de l'aide médicale à mourir. Le Québec estime qu'il s'agit d'une question de santé, puisqu'elle s'inscrit dans le cadre des soins en fin de vie, et donc de compétence provinciale. Ottawa traite l'enjeu sous l'angle du Code criminel qui interdit l'aide au suicide, une compétence du fédéral.

Le ministre de la Santé estime que le gouvernement fédéral fait preuve d'une «position défensive» et tente de «ménager la chèvre et le chou». Gaétan Barrette croit que le Canada devra éventuellement faire le débat sur cette question.

En attendant, Québec entend aller de l'avant avec l'application de la loi votée la semaine dernière. «Il sait très bien [le ministre MacKay] que si nous on décide de ne pas poursuivre, il n'y aura pas de poursuite», a dit le ministre.

Gatétan Barrette a évoqué le cas de la décriminalisation de l'avortement. «Le gouvernement du Québec, malgré le Code criminel du gouvernement canadien à l'époque, avait dit à ses procureurs de ne pas poursuivre», a rappelé le ministre.

Ce dernier y est allé de son propre message aux médecins du Québec. «Le message que j'ai pour les médecins québécois, c'est que cette juridiction-là est provinciale, a-t-il dit. Le gouvernement du Québec est clair dans sa loi que, par définition, il n'y aura pas de poursuite au Québec pour des gens qui pratiquent l'aide médicale à mourir.»

Mardi, Gaétan Barrette s'est dit prêt à défendre la loi sur les soins en fin de vie jusqu'en Cour suprême.

Avec la Presse canadienne

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