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Zones d'exclusion aérienne au-dessus de certaines prisons du Québec

La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a annoncé avoir reçu la confirmation des autorités fédérales que des zones d'exclusion aérienne seront implantées au-dessus de certains centres de détention du Québec.

Les zones en question seront mises en place graduellement dans les centres de détention identifiés par Québec comme étant à risque. Des équipements antihélicoptères seront également ajoutés à ces centres.

« À partir du moment où aucun avion ou hélicoptère n'a le droit de survoler un espace défini, ça permet aux gens qui sont en place, dès que l'on voit un appareil, de se préparer. Ça donne au moins un temps de réaction », a affirmé la ministre Thériault, mardi.

Cette mesure survient dans la foulée de l'évasion par hélicoptère de trois détenus du Centre de détention de Québec, samedi. Nombre de questions ont surgi à la suite de cette affaire. De l'opinion de Mathieu Lavoie, qui est à la tête du syndicat des gardiens de prison du Québec, peu de choses auraient pu être faites pour empêcher l'évasion de trois détenus à bord d'un hélicoptère.

Selon M. Lavoie, les gardiens de prison de la province ne sont pas équipés pour faire face à de telles situations : « Que pouvons-nous faire contre un hélicoptère? Certes, nous avons des gardes armés autour des prisons, mais nos règles nous interdisent de tirer sur des véhicules, encore moins des hélicoptères ».

Michel Martin, un policier à la retraite, estime pour sa part qu'il ne s'agit pas d'une bonne idée de tirer sur un hélicoptère, point à la ligne. « Vous ne savez pas si le pilote a été pris en otage, dit-il, et il est préférable de les laisser aller et de les capturer, par la suite, plutôt que de tirer sur un appareil qui est en marche et qui peut vous tomber sur la tête. »

La ministre fait marche arrière

Lundi, la ministre Lise Thériault avait fait part de son intention de faire renforcer la sécurité, notamment en établissant une nouvelle politique d'intervention dans les établissements carcéraux de la province. La ministre avait par ailleurs confirmé que les détenus qui sont parvenus à s'évader avaient obtenu une réduction de certaines de leurs mesures de sécurité. « Ils ont présenté des requêtes pour assouplir les mesures de confinement. Il y aurait certainement des questions qui seront légitimes à poser là-dessus », avait-elle souligné.

Aujourd'hui, la ministre a refusé de répondre clairement aux questions de l'opposition en lien avec les conditions de détention des évadés. Mme Thériault a rappelé, notamment, que le dossier était frappé d'une ordonnance de non-publication et que par conséquent, elle ne commenterait pas davantage.

Lors d'un point de presse, la ministre s'est du même souffle défendue d'avoir enfreint cette ordonnance, lundi, dans ses réponses aux questions des journalistes. « Je n'ai pas brisé l'ordonnance de non-publication, a-t-elle dit. Et vous comprendrez que toutes les questions que vous me poserez concernant le jugement, les conditions, les prisonniers, elles n'auront aucune (réponse) de ma part. »

Lundi, Mme Thériault avait pourtant évoqué le caractère public des décisions du magistrat impliqué dans le dossier. « C'est public, c'est un juge mais je ne suis pas la juge, avait-elle dit. Vous comprendrez qu'à la Sécurité publique il y a beaucoup de choses. Moi ce que je vous dis c'est que ces requêtes ont été présentées par les détenus pour avoir des assouplissements. »

L'opposition critique

Le Parti québécois croit que la ministre Thériault n'est pas en contrôle de son dossier. Le député Pascal Bérubé a déclaré que Mme Thériault devait dévoiler qui a décidé de réclamer cet abaissement de la classification de sécurité et qui a rendu cette décision.

Lors d'un point de presse, M. Bérubé a estimé que sa gestion de crise n'est pas optimale. « Manifestement, elle n'est pas en contrôle de ce dossier, a-t-il dit. Elle a choisi hier, avant d'avoir une rencontre avec la Sureté du Québec, de participer à une inauguration à Nicolet. Ça m'apparaissait être la principale activité à faire. »

Quant à la Coalition avenir Québec, elle réclame une enquête interne au sein de son ministère et une commission parlementaire sur la question. « Il y a eu de graves manquements à la suite de l'évasion de Saint-Jérôme. Puisque rien n'a été fait pour corriger la situation, une deuxième évasion par hélicoptère s'est produite en fin de semaine dernière. Il faut rapidement identifier les responsables de ce laxisme inacceptable », a clamé le chef François Legault.

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