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Ukraine: Nouvelle réunion sur le gaz à Bruxelles, Porochenko pour des couloirs humanitaires

Une nouvelle réunion se tient mercredi à Bruxelles entre la Russie et l'Ukraine sur le gaz, au lendemain de l'annonce par le nouveau président ukrainien de la création de couloirs humanitaires, réclamés par Moscou, dans les zones de combat dans l'Est séparatiste.

Le commissaire européen à l'Energie, Gunther Oettinger, a renvoyé au mieux à "ces prochains jours" un accord sur le dossier gazier au terme de discussions trilatérales avec les ministres russe et ukrainien de l'Energie, Alexandre Novak et Iouri Prodan, alors que Moscou menace Kiev d'une coupure du gaz, redoutée par l'UE.

Ces discussions, qui devaient débuter mardi soir mais ont été reportées à mercredi matin 07h30 GMT, visent à trouver un accord sur le prix du gaz acheté par Kiev et le remboursement de sa dette gazière à Moscou.

Le précédent rendez-vous, lundi soir, s'était conclu sans accord tard dans la nuit à l'issue de près de huit heures de discussions.

L'Ukraine refuse d'honorer sa dette gazière, qui s'élève à 4,5 milliards de dollars, et réclame une baisse de près de la moitié du prix, fixé actuellement par le groupe russe Gazprom à 485 dollars les 1.000 mètres cubes, le prix le plus élevé en Europe.

La Russie a indiqué qu'elle maintiendra tant que les discussions durent ses fournitures de gaz à l'Ukraine, par laquelle transite quelque 15% des importations de gaz russe de l'UE.

Discutant depuis dimanche avec la Russie avec la médiation de l'OSCE des moyens de d'apaiser le pire conflit Est-Ouest depuis la fin de la Guerre froide, le président ukrainien Petro Porochenko a ordonné mardi la création de couloirs humanitaires permettant aux civils qui le désirent de quitter "la zone de l'opération anti-terroriste afin d'éviter de nouvelles victimes".

Les forces ukrainiennes mènent depuis le 13 avril une opération qualifiée par Kiev d'"anti-terroriste" pour tenter de réduire l'insurrection armée prorusse dans l'Est. Les combats ont déjà fait plus de 200 morts, rebelles, soldats et civils.

"J'ai vu que toutes les parties étaient prêtes à agir pour une désescalade de la crise en Ukraine", a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier à l'issue de pourparlers avec ses homologues russe Sergueï Lavrov et polonais Radoslaw Sikorski à Saint-Pétersbourg (Russie).

"Je ne dis pas que nous avons déjà trouvé une issue à la crise, mais l'escalade a laissé place à une nouvelle atmosphère", a ajouté M. Steinmeier. "Nous voyons le bout du tunnel".

L'initiative de M. Porochenko correspond à un souhait de la Russie émis début juin dans un projet de résolution à l'ONU, alors que des ONG dénoncent l'utilisation d'armes lourdes par l'armée ukrainienne dans des zones habitées.

"Nous saluons cette décision. Il s'agit d'un pas dans la bonne direction", a réagi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

L'un des leaders de la "république de Donestk" autoproclamée, Andriï Pourguine, a cependant accueilli avec scepticisme l'annonce de M. Porochenko. "Nous en avons entendu parler, mais nous avons des doutes quant à la mise en oeuvre de ce plan", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse russe Interfax.

Quatre jours après son bref entretien en France avec le président russe Vladimir Poutine, qui a créé un espoir de désescalade, M. Porochenko semble vouloir rapidement apaiser les relations avec Moscou et s'est donné une semaine pour obtenir un retour au calme dans l'Est.

Dans une interview au magazine américain Time, M. Porochenko a déclaré qu'il était impossible de rétablir la sécurité en Ukraine sans "un dialogue" avec la Russie.

Sur le terrain, deux soldats ukrainiens ont été blessés par des tirs séparatistes près de Slaviansk, bastion des insurgés, a annoncé mardi Vladislav Seleznev, le porte-parole de l'opération militaire ukrainienne.

Les rebelles prorusses ont une nouvelle fois attaqué au mortier mardi l'aéroport international de Lougansk, dans l'Est, jusqu'à présent contrôlé par les forces loyales à Kiev.

Les insurgés ont concentré des forces autour de l'aéroport. "Nous attendons des renforts", a déclaré à l'AFP par téléphone un parachutiste de l'unité qui assure la défense de l'aéroport.

Les séparatistes prorusses contrôlent Donetsk et Lougansk, les deux grandes villes du bassin minier du Donbass, poumon industriel du pays, et depuis quelques jours une partie de la frontière avec la Russie.

L'aéroport de Donetsk, attaqué par les rebelles fin mai, a été repris par les forces gouvernementales à l'issue d'une contre-attaque, avec l'intervention d'avions de combat et d'hélicoptères, qui a fait une quarantaine de morts du côté des séparatistes, la plupart de nationalité russe.

"Ce serait naïf de croire que le Donbass sera pacifié en une semaine. Un cessez-le-feu est possible si les négociations avec la Russie sont fructueuses, mais cela ne veut pas dire que l'affrontement s'arrête et que la paix s'installe", a déclaré à l'AFP l'analyste politique ukrainien Volodymyr Fessenko.

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