Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Soudan du Sud: la médiation accuse les belligérants de privilégier une victoire militaire aux négociations

La médiation dans le conflit sud-soudanais a déploré mardi l'absence de progrès dans les négociations d'Addis Abeba et accusé les belligérants de privilégier "stupidement" une victoire militaire à la négociation.

Les pourparlers ont "été lents et, oui, nous aurions dû avoir des résultats tangibles et (...) personne d'autre n'est à blâmer que les parties prenantes elles-mêmes", a déclaré à l'AFP Mahboub Maalim, secrétaire exécutif de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad) organisation est-africaine qui assure la médiation dans le conflit qui fait rage depuis la mi-décembre.

"S'ils faut trouver des responsabilités, ce sont les leurs, je pense parfois qu'ils (les belligérants) pensaient pouvoir l'emporter militairement, ce qui est vraiment stupide", a-t-il ajouté.

Une nouvelle rencontre entre le président sud-soudanais Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar était prévue mardi dans la capitale éthiopienne, la deuxième depuis le début du conflit déclenché le 15 décembre par des combats au sein de l'armée sud-soudanaise entre troupes respectivement loyales aux deux hommes.

La rivalité à la tête du régime entre MM. Kiir et Machar, respectivement issus des peuples dinka et nuer, les deux principales communauté du pays, a creusé les antagonismes au sein de l'armée sur des lignes ethniques.

Depuis leur ouverture en janvier, les pourparlers n'ont fait quasiment aucun progrès. Le 9 mai à Addis Abeba, lors de leur première rencontre depuis le début du conflit, MM. Kiir et Machar ont signé un "Accord pour mettre fin à la crise au Soudan du Sud", dont la principale clause, la cessation des hostilités, n'a jamais été respectée, pas plus qu'un précédent cessez-le-feu, signé le 23 janvier.

Malgré la détermination proclamée des deux dirigeants à faire la paix, les combats, accompagnés de massacres et atrocités contre les civils sur des bases ethniques, continuent et le conflit a déjà fait des milliers, voire des dizaines de milliers de morts et chassé de chez eux plus de 1,3 million de Sud-Soudanais.

M. Maalim a assuré que la médiation allait être beaucoup plus ferme que précédemment et que les pourparlers devaient s'attaquer à des questions plus "concrètes" et "tangibles".

Le conflit "doit prendre fin, il n'y a pas d'alternative", a-t-il souligné.

jv/pjm/sas/sa/jlb

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.