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Les taxis se mobilisent à travers l'Europe contre les VTC

De Londres à Rome en passant par Berlin et Paris, les taxis protestaient mercredi contre la concurrence des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), en particulier celle faite par la société américaine Uber, qui cristallise toutes leurs craintes.

Le mouvement de protestation est parti de Grande-Bretagne où les célèbres taxis noirs, qui travaillent pourtant à côté des VTC depuis des dizaines d'années, s'inquiètent de la place croissante prise par la société californienne.

Leur crainte est partagée par leurs collègues d'autres pays, qui ont décidé de les suivre et de lancer un mouvement de grève européen, une première.

"Uber ne respecte pas de manière délibérée les réglementations en vigueur et ils disposent en plus de moyens très importants" avec une valorisation de 17 milliards de dollars, résume Serge Metz, PDG de la centrale française de radio-taxi Taxi G7.

La startup américaine Uber, créée en 2009 à San Francisco, a lancé une application qui met en relation des particuliers avec des chauffeurs via leur téléphone portable, dans plus de 70 villes dans 36 pays. La société se finance en encaissant une commission sur le prix de la course, s'attaquant ainsi au secteur très réglementé des taxis.

Les "black cabs" londoniens --10.000 sont attendus-- ont prévu de converger en début d'après-midi vers Trafalgar Square, dans le centre de Londres, même si la police les a sommés de se rassembler sur Whitehall et Parliament Street, des voies où se situent les principaux ministères.

"Il y a deux marchés: celui des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) et les taxis noirs londoniens. Uber travaille illégalement ici", affirme un café à la main, Martin Holmes, chauffeur d'"un black cab" depuis 20 ans.

La cohabitation de plus de cinquante ans avec les VTC n'est pas sans problème mais l'application Uber utilisée à partir d'un smartphone qui calcule le prix de la course en fonction de sa durée et de sa distance, suscite le rejet. "C'est un compteur déguisé" estime Steve McNamara, secrétaire général de l'Association des chauffeurs de taxis enregistrés (LTDA).

Dans cette affaire, les black cabs, qui se targuent d'être les meilleurs taxis au monde, craignent surtout une baisse de la clientèle.

A Madrid, la grève doit durer 24 heures. "Près de 100.000 familles dépendent directement (de l'activité) du taxi dans toute l'Espagne", rappellent les organisations professionnelles (Fedetaxi, Unalt, CTE, Uniatramc) qui ont lancé cette initiative.

"Nous vivons du tourisme presque toute l'année. Et soudain arrivent ces gens qui, sans payer aucun impôt ni être professionnel, te prennent ton travail", dénonce Silveri Perez, chauffeur de taxi à Barcelone.

A Rome, les chauffeurs envisageaient de faire une "grève à l'envers" en effectuant les courses au prix maximum de dix euros, afin de s'aligner sur les tarifs de la concurrence.

En Allemagne, des centaines de taxis se sont retrouvés sur une grande place à Berlin, sans perturber la circulation. "Les VTC doivent être définitivement interdits par la loi", a demandé Ertan Ucar, vice-président de la Fédération des taxis allemands.

En France, les fédérations patronales sont à la pointe de la contestation. Suivant leur appel, 310 taxis se sont rassemblés à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, au nord de la capitale française, avant de rejoindre Paris via l'A1 où ils menaient des opérations escargot.

A l'aéroport d'Orly (sud de Paris), environ 200 véhicules ont également bloqué la prise en charge des clients avant de rejoindre Paris.

Le tunnel de Fréjus a été bloqué en début d'après-midi dans le sens Modane-Italie par une dizaine de voitures en travers des voies, sur 200 taxis présents.

A la frontière franco-espagnole, une cinquantaine de taxis ont organisé à la mi-journée un barrage filtrant dans le sens France-Espagne, créant un embouteillage de plusieurs kilomètres très fréquenté par les poids-lourds.

Les VTC de leur côté s'agacent d'une nouvelle grève des taxis. Le PDG de la société française Allocab Yanis Kiansky parle d'une grève des "enfants gâtés du transport parisien urbain".

La start up californienne est d'ailleurs dans le collimateur de la répression des fraudes en France pour son service de covoiturage à but lucratif, mais aussi de la justice à Berlin, à Bruxelles ou encore à Barcelone où le gouvernement régional menace les conducteurs d'une amende pouvant aller jusqu'à 6.000 euros. Ce qui ne l'empêchait pas de se faire de la publicité en France en offrant mercredi des rabais sur certaines courses.

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