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Wolfgang Schäuble s'inquiète de la politique de la BCE

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s'est dit mardi inquiet d'une politique monétaire trop accommodante qui freine les efforts de réformes des Européens, à un peu plus d'une semaine de probables nouvelles décisions de la BCE.

"Des niveaux abondants de liquidités créent les mauvaises incitations (...), j'ai bien peur qu'il y ait un risque élevé de cela en ce moment", a déclaré le ministre lors d'un symposium européen à Berlin.

En particulier, une politique monétaire accommodante risque de lever la pression sur les pays de la zone euro pour mettre en oeuvre des réformes, a-t-il expliqué. Or "nous devons continuer nos efforts, nous devons nous assurer que nous ne nous cachons pas derrière la politique monétaire".

"Nous vivons une époque hors du commun pour la politique monétaire, elle devrait rester hors du commun et prendre fin bientôt", a enjoint M. Schäuble.

"Il y a trop de liquidités, pas seulement en Allemagne mais dans l'Europe dans son ensemble, dans l'économie mondiale", a-t-il ajouté plus tard.

La Banque centrale européenne (BCE), comme les autres banques centrales mondiales, a soutenu à bout de bras l'économie ces dernières années, notamment avec des taux d'intérêts très bas et des injections de liquidités en prêtant très bon marché aux banques des montants illimités. Et la semaine prochaine, la BCE devrait prendre de nouvelles mesures lors de la sa réunion mensuelle de politique monétaire. Est attendue par exemple une nouvelle baisse de son principal taux directeur, sur fond d'inflation très faible en zone euro et alors que le taux de change de la monnaie unique inquiète gouvernements et entreprises européennes.

Mais "personne ne sait ce qui serait un taux de change adéquat", a toutefois dit M. Schäuble.

"Si l'indépendance de la BCE et les limites de son mandat n'existaient pas, il faudrait les inventer", a constaté le ministre, en référence aux conseils prodigués par diverses personnalités politiques, notamment françaises, à l'institution.

Pour l'économie allemande, en meilleure posture que la plupart des autres économies européennes, des taux encore plus bas n'apporteront pas grand chose, selon Ulrich Grillo, patron de la fédération allemande de l'industrie, le BDI.

"Des taux encore plus bas ne feraient pas une grande différence, je ne pense pas que cela soit à même de libérer un gros potentiel", a-t-il déclaré la semaine dernière, ajoutant qu'il ne pensait pas non plus "qu'une baisse des taux puisse faire baisser le cours de l'euro".

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