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Un universitaire chinois censuré après un microblog sur Tiananmen

Un professeur d'université chinois connu pour son nationalisme et ses excès de langage a subi les foudres de la censure après qu'il a publié un commentaire en ligne sur le mouvement prodémocratie de Tiananmen, auquel il avait pris part en 1989.

Le compte de microblogs de Kong Qingdong, qui enseigne à la prestigieuse Université de Pékin, était mardi inaccessible, les autorités communistes jugeant sans doute qu'il avait franchi une ligne jaune.

Vendredi dernier, le professeur Kong a répondu à un internaute qui estimait que le régime chinois, confronté selon lui à des émeutes, n'avait pas eu d'autre choix que d'envoyer l'armée pour restaurer l'ordre. Ceci, après plus de six semaines de manifestations des étudiants au coeur de Pékin.

"Foutaises", a estimé Kong Qingdong, selon un site qui a conservé des captures d'écran de ce dialogue, depuis effacé.

"Il n'y avait pas du tout d'émeutes. On a ouvert le feu sur la foule, en abattant les gens dans un bain de sang. Puis on a tenté ensuite de leur faire porter le chapeau. Seriez-vous capable de me nommer un seul étudiant qui aurait entamé une émeute?"

Avec un compte de microblogs suivi par 2,75 millions d'abonnés, l'universitaire, qui se présente comme un descendant de Confucius, a ainsi remis en cause la version officielle des faits sur un sujet ultra-sensible, encore plus à l'approche du 25e anniversaire de l'écrasement du Printemps de Pékin.

Mardi, toute tentative pour consulter les microblogs de Kong Qingdong renvoyait une réponse selon laquelle son compte était "suspect".

Cette censure a surpris de nombreux internautes car le professeur est réputé pour son nationalisme, voire ses débordements patriotiques.

Début 2012 il avait déclenché un tollé en traitant les Hongkongais de "salauds" et de "chiens", après que des habitants du territoire se furent irrités de voir des touristes du continent manger dans une rame de métro, au mépris du règlement.

Et fin 2011 il avait fait partie du jury d'un "prix de la paix Confucius", copié sur le prestigieux Nobel, qui avait choisi comme lauréat Vladimir Poutine, en saluant les "remarquables" talents pacifiques du dirigeant russe.

fms-seb/jh

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