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Mondial-2014: Star du sifflet, Pedro Proença met le cap sur Rio

Travailleur acharné à la personnalité avenante, l'arbitre Pedro Proença a conquis le statut de sifflet vedette en dirigeant la finale de l'Euro-2012 à Kiev, quelques semaines après celle de la Ligue des champions à Munich.

Le Portugais de 43 ans participera au Brésil à sa première Coupe du monde, mais son expérience au plus haut niveau le place parmi les favoris pour arbitrer la finale du 13 juillet au stade Maracana de Rio de Janeiro, à l'instar de l'Anglais Howard Webb et de l'Italien Nicola Rizzoli.

"Je suis un perfectionniste, quelqu'un qui cherche toujours à repousser les limites de nos capacités", disait-il dans un reportage que lui a consacré récemment la télévision portugaise Sic.

Né à Lisbonne le 3 novembre 1970, Pedro Proença a obtenu ses insignes Fifa en 2003, trois ans après ses débuts en 1re division portugaise. Il s'était lancé dans l'arbitrage à l'âge de 18 ans, après avoir renoncé à une carrière de joueur de handball qui l'aurait obligé à déménager dans le sud du pays.

Son premier match de football sifflet aux lèvres, il s'en souvient avec le sourire: "Je portais un équipement flambant neuf que m'avait offert ma mère, et des chaussures à crampons très inconfortables sur la terre dure d'un terrain sans gazon".

Le zèle de ce comptable certifié, directeur financier de plusieurs sociétés, semblait bien excessif pour les divisions inférieures de la région de Lisbonne, où il a dû un jour interrompre la partie le temps pour un joueur encore ivre de vomir les excès de la nuit précédente.

Proença surmonte sa première épreuve sérieuse en février 1998, quand il tient à arbitrer une rencontre, au lendemain de la mort de son père.

Cheveux toujours impeccablement gominés, cet athlète accompli qui s'entraîne tous les jours sans exception a été le premier arbitre portugais à s'échauffer sur le terrain de jeu, aux yeux de tout le monde, comme pour revendiquer que ce métier particulièrement exigeant aux plans physique et mental soit davantage pris au sérieux.

Sa méthode repose en outre sur une préparation méticuleuse de chaque rencontre avec son équipe de juges de touche, afin d'anticiper chaque problème pour mieux le résoudre le moment venu.

"Il a une grande passion pour le jeu et ne laisse aucun détail au hasard", reconnaît son collègue britannique Howard Webb.

La marque de Pedro Proença, c'est aussi sa capacité à imposer son autorité grâce à un dialogue constant avec les joueurs. Pour comprendre son succès, explique son compatriote José Mourinho, "il faut voir comment les joueurs lui parlent, le respect qu'ils lui portent et l'aisance avec laquelle il dirige les grands matchs".

"J'ai un respect immense pour une belle carrière bâtie dans un pays où ce n'est pas facile d'être arbitre", a ajouté l'entraîneur de Chelsea, au micro de la télévision Sic. Car Pedro Proença a souffert dans sa chair des excès de ferveur des supporteurs portugais.

Après une prestation polémique aux dépens du Benfica Lisbonne, club pour lequel il n'a jamais caché sa sympathie, l'arbitre a été brutalement agressé par un supporteur qui lui a cassé deux dents d'un coup de tête.

Après avoir envisagé d'abandonner l'arbitrage, le Portugais a relevé la tête et a commencé à préparer celle qui serait la saison de sa consécration, avec ces deux finales européennes en l'espace de quelques semaines.

Son ambition reste aujourd'hui intacte: "Je vivrai au Brésil un rêve d'enfance. Je veux diriger la finale de la Coupe du Monde, mais je suis conscient que ces compétitions se décident dans les petits détails".

tsc/ol/chc

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