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Le ministre thaïlandais de l'Éducation est arrêté par l'armée

BANGKOK - Un ministre thaïlandais qui se terrait depuis quelques jours a été arrêté par l'armée mardi, quand il a soudainement refait surface pour condamner le coup d'État perpétré la semaine dernière et réclamer le retour d'un gouvernement civil.

Il s'agissait de la première apparition publique d'un membre du gouvernement déchu depuis le coup d'État.

Le ministre de l'Éducation Chaturon Chaisang a été épinglé par une poignée de soldats au Club des correspondants de presse étrangers, au terme d'une conférence de presse impromptue.

La junte militaire, qui s'est emparée du pouvoir jeudi dernier, détient déjà la majorité des membres du gouvernement déchu, et elle a ordonné aux autres de se rendre.

M. Chaturon a réclamé la tenue d'élections et prévenu que la résistance au coup d'État pourrait s'accentuer, ce qui pourrait mener à un «désastre pour ce pays».

Des soldats sont entrés dans la pièce au terme de la conférence de presse, alors que M. Chaturon était interrogé par des journalistes thaïlandais. Le ministre était calme et souriant quand il a été emmené, et il a lancé ne pas être inquiet.

«Je n'ai pas peur. Si j'avais peur, je ne serais pas ici», a-t-il déclaré avant de s'engouffrer dans un ascenseur avec les soldats.

M. Chaturon affirme qu'il n'avait informé que quelques personnes de sa décision de refaire surface. Il a expliqué que «puisque je n'accepte pas le coup, je ne pouvais pas me livrer à ceux qui en sont responsables».

«(Un) coup d'État n'est pas la solution aux problèmes ou aux conflits de la société thaïlandaise, mais ça aggravera encore plus les conflits, a-t-il déclaré. J'insiste pour avoir recours à mes propres droits et à ma liberté pour demander un retour du pays à la démocratie.»

Un couvre-feu demeure en vigueur, mais à compter de mercredi il sera imposé entre minuit et 4 h, au lieu de 22 h à 5 h comme c'est actuellement le cas.

L'armée a convoqué mardi deux journalistes qui auraient posé des questions «inappropriées» au chef de la junte militaire, le général Prayuth Chan-ocha, lors d'une conférence de presse mardi. Les reporters des quotidiens Thairath et Bangkok Post ont demandé au militaire s'il avait l'intention de nommer un premier ministre ou d'organiser des élections. Le général n'a fourni aucune réponse claire. Il a abruptement mis fin à la conférence de presse et les journalistes ont pu quitter librement.

M. Chaturon a dénoncé «l'absurdité» de ces détentions et condamné l'arrestation de gens «qui n'ont rien fait de mal, uniquement parce qu'ils pourraient s'opposer au coup».

«Le problème est qu'on ne sait pas pendant combien de temps ils seront détenus, a-t-il dit. Nous ne savons pas ce qui leur est arrivé. Nous ne savons rien.»

M. Chaturon a balayé du revers de la main la possibilité de les voir, lui, ses collègues et leurs alliés former un gouvernement en exil.

Il a toutefois prévenu qu'«à partir de maintenant il y aura de plus en plus de résistance (...) Ce sera un désastre pour ce pays.»

Il n'a pas fourni plus de détails.

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