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L'ambassade de Syrie à Amman reste ouverte (Jordanie)

L'ambassade de Syrie à Amman reste ouverte et Damas peut nommer un nouvel ambassadeur, a indiqué le gouvernement jordanien, soulignant que l'expulsion lundi de l'ambassadeur ne signifiait pas une rupture des relations diplomatiques.

"La décision du gouvernement de considérer l'ambassadeur syrien à Amman persona non grata et son expulsion (...) est une affaire qui ne concerne que la personne de l'ambassadeur", a affirmé le porte-parole du gouvernement, Mohamed Moomeni, cité mardi par le quotidien gouvernemental Al-Raï.

Il a tenu à souligner que "cette affaire ne signifiait en aucun cas une rupture des relations (diplomatiques) avec la Syrie, pays frère". "Damas peut nommer un ambassadeur à tout moment et l'ambassade de Syrie à Amman reste ouverte et fonctionne normalement", a-t-il souligné.

Lundi, Amman avait annoncé que l'ambassadeur Bahjat Souleimane était désormais considéré "persona non grata" et lui avait demandé de quitter le pays "sous 24 heures", une décision motivée par ses "insultes répétées (...) ses déclarations hostiles au royaume jordanien, ses dirigeants, ses symboles et ses citoyens".

M. Souleimane a quitté Amman pour Damas "ce matin à bord d'un vol de la Middle East Airlines", a indiqué mardi un responsable de la sécurité sans plus de détails.

Sur sa page Facebook, M. Souleimane accuse le gouvernement jordanien de "harcèlement". "Ces dernières années, le gouvernement de Jordanie a boycotté l'ambassade de Syrie à Amman et utilisé tous les moyens de harcèlement contre moi (...) y compris des allégations et accusations à l'encontre de l'Etat syrien dans les médias locaux", a-t-il affirmé.

A l'été 2013, le chef de la diplomatie jordanienne Nasser Jawdeh avait vivement critiqué le diplomate syrien qui avait dénoncé une réunion en mai à Amman du groupe des "Amis de la Syrie", favorable à la rébellion anti-Assad, qualifiant les participants d'"ennemis de la Syrie".

Peu après la décision d'Amman, la Syrie a déclaré à son tour "persona non grata" le chargé d'Affaires jordanien à Damas, la Jordanie ayant rappelé son ambassadeur début 2011.

Damas accuse Amman de soutenir les rebelles syriens, des accusations rejetées par le royaume qui assure avoir renforcé les contrôles à la frontière et arrêté des dizaines d'activistes qui tentaient de la traverser illégalement.

D'autre part, le principal parti d'opposition en Jordanie, le Front de l'action islamique, vitrine politique des Frères musulmans, a salué mardi la décision du gouvernement d'expulser le diplomate, "même si elle intervient tard".

Un dirigeant de la formation, Mohamed al-Zayoud, a en outre appelé le gouvernement à "ne pas permettre la tenue de la présidentielle syrienne sur le territoire jordanien" car un tel scrutin signifierait "reconnaître le meurtrier Assad comme président".

Bachar al-Assad est donné très largement favori pour l'élection du 3 juin, dans un pays ravagé par plus de trois années de conflit, qualifiée de "farce" par l'opposition et par les pays occidentaux.

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