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La Thaïlande reste un investissement sûr, affirme le chef du lobby automobile nippon

Les entreprises peuvent continuer d'investir "en toute sécurité" en Thaïlande, a assuré mardi le chef du puissant lobby des constructeurs d'automobiles japonais, qui ont repris leurs activités normales dans ce pays malgré le coup d'Etat militaire.

"Bien qu'il y ait des risques en Thaïlande, ils n'ont pas eu d'impact énorme sur nos activités", a expliqué à la presse Fumihiko Ike, président de l'Association des constructeurs d'automobiles du Japon, qui est aussi président de Honda.

Les constructeurs nippons sont présents en force dans ce pays où ils produisent en masse non seulement pour vendre sur ce marché en développement, mais aussi pour exporter. L'imposition de la loi martiale mardi, après sept mois de crise politique, puis le coup d'Etat annoncé jeudi ont toutefois suscité des interrogations sur les intentions des géants japonais.

Mais M. Ike a estimé qu'il n'y avait "pas de risque important pour l'économie" thaïlandaise qui se remettra de cet épisode d'après lui. "Les entreprises peuvent investir en toute sécurité en Thaïlande", où l'administration demeure quelles que soient les vicissitudes de la vie politique, a-t-il insisté.

Sur le terrain, les activités des trois géants nippons du secteur, Toyota, Nissan et Honda, étaient quasi-normales mardi.

"Les opérations de jour comme de nuit fonctionnent" comme à l'accoutumée, a expliqué un porte-parole du premier constructeur mondial, Toyota. Le travail de nuit avait dû être annulé jeudi soir dans les trois sites d'assemblage du groupe en Thaïlande, mais aucune perturbation n'a été déplorée depuis. Près de 850.000 véhicules sont sorties de ses chaînes d'assemblage dans ce pays l'année dernière.

Un vice-président de Toyota a souligné mardi que ce pays constituait "une base très importante" pour le groupe. "Parmi les pays d'Asie du Sud-Est, la Thaïlande est celui où nous avons installé le plus de sites de production. Nous y développons aussi de nouvelles technologies", a précisé Nobuyori Kodaira devant des journalistes.

Chez Honda aussi, les chaînes tournent de nouveau de jour comme de nuit dans son usine d'assemblage thaïlandaise, après une pause forcée dans la nuit de jeudi à vendredi dernier. Le groupe a néanmoins limité dernièrement sa production locale à 60% de sa capacité maximale, à cause "d'une baisse attendue de la demande".

Du côté de Nissan, dont le français Renault est le premier actionnaire, la crise politique n'a pas perturbé les opérations sur son site d'assemblage, qui ne tourne que dans la journée.

Le Japon est de loin le premier investisseur direct en Thaïlande. En 2013, les sociétés nippones y ont placé près de 6,9 milliards de dollars, plus de la moitié du total investi dans cette importante économie d'Asie du Sud-Est, d'après la banque centrale thaïlandaise.

Près de 4.000 sociétés japonaises, notamment des secteurs industriels comme l'automobile ou l'électronique, sont actives dans ce pays, d'après un récent rapport du centre de recherche Teikoku Databank.

Les entreprises nippones ont investi de longue date dans l'économie thaïlandaise, mais leur présence sur place s'est amplifiée depuis deux ans avec l'intensification de la crise diplomatique sino-japonaise autour d'îles de mer de Chine orientale, les Senkaku, administrées par Tokyo mais revendiquées par Pékin sous le nom de Diaoyu.

La Thaïlande a depuis, avec d'autres pays d'Asie du Sud-Est, profité de l'ambition du Japon de ne pas mettre trop d'oeufs dans son panier chinois, bien que des observateurs pointent le risque de voir désormais l'archipel chercher des solutions de substitution plus stables.

--- Avec Dow Jones Newswires ---

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