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La Birmanie envisage des restrictions aux conversions religieuses (média)

La Birmanie envisage de mettre en place des restrictions pour les conversions religieuses, selon un projet de loi publié mardi par la presse officielle, le premier lié à des propositions controversées découlant d'un nationalisme bouddhiste en expansion.

Selon le texte, proposé par le ministère de la Religion et qui n'a pas encore été débattu au parlement, les Birmans voulant se convertir devraient obtenir l'autorisation préalable d'une autorité locale spécialement créée.

"Personne ne pourra demander à se convertir avec l'intention d'insulter, de diffamer, de détruire ou de faire un mauvais usage d'une religion", a également indiqué le journal d'Etat The Mirror, indiquant que toute violation de la loi serait passible de deux ans de prison.

Le journal appelle également le public à proposer des suggestions d'amendements dans les prochaines semaines.

Mais les questions de religion sont très sensibles dans ce pays majoritairement bouddhiste où plusieurs épisodes de violences entre bouddhiste et musulmans ont fait environ 250 morts ces deux dernières années.

Le projet de loi sur les conversions fait partie d'une série de proposition qui doivent être soumises au parlement par différents ministères sur suggestion du président Thein Sein, après une campagne de moines bouddhistes extrémistes.

Le projet sur les conversions a été salué sans enthousiasme par le moine Wirathu, dont les campagnes ont été accusées d'avoir enflammé le sentiment anti-musulman.

"Cela ne nous satisfait pas totalement. Mais nous l'acceptons, parce que cela peut agir comme une protection", a-t-il déclaré à l'AFP.

La Constitution birmane garantit à chacun le droit de pratiquer la religion de son choix.

Un autre projet, dont les détails n'ont pas encore été dévoilés, prévoit des limitations aux mariages inter-religieux.

Les groupes de défense des droits de l'Homme ont vivement réagi à cette tentative de limiter les mariages entre personnes de religion différente, dénonçant une atteinte à la liberté religieuse.

Thein Sein, qui préside le pays depuis la dissolution de la junte en 2011, a entrepris des réformes spectaculaires, poussant à la levée de presque toutes les sanctions occidentales.

Mais les violences religieuses et les conflits armés qui se poursuivent avec certaines minorités ethniques ont porté une ombre à ces réformes.

La Birmanie est aussi critiquée par les défenseurs des droits de l'Homme pour une politique controversée imposant une limite de deux enfants par femme dans certaines parties de l'Etat Rakhine (ouest), majoritairement peuplées de membres de la minorité musulmane apatride des Rohingyas.

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