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Kiev affirme avoir le contrôle de l'aéroport de Donetsk, une opération "punitive" selon Poutine

L'armée ukrainienne a affirmé mardi avoir repris le contrôle de l'aéroport de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, après des combats avec les insurgés prorusses qui ont fait au moins 40 morts, suscitant l'appel de Vladimir Poutine à un arrêt de l'opération "punitive" de l'armée.

Cette opération a marqué un changement de tactique des forces ukrainiennes qui ont eu recours à l'aviation à Donetsk, mais aussi près de Slaviansk, un bastion rebelle encerclé par l'armée.

Dans le bras de fer entre Moscou et Kiev, la Russie a par ailleurs indiqué qu'une visite à Moscou du nouveau président ukrainien Petro Porochenko, élu dimanche avec plus de 54% des suffrages, n'était "pas envisagée".

Le bastion rebelle de Donetsk n'avait jamais connu un tel niveau de violences. Selon le maire de la ville, Olexandre Loukiantchenko, 38 combattants - séparatistes et soldats ukrainiens - ont péri dans les combats. Deux civils ont également été tués dans des affrontements qui ont fait au moins 31 blessés, toujours soignés à l'hopîtal.

"La situation reste très tendue", a ajouté le maire qui avait appelé les habitants à rester chez eux.

La bataille pour le contrôle de l'aéroport de Donetsk avait commencé lundi par l'entrée en action d'avions de combat Mig-29 et Soukhoï-25 et le déploiement par hélicoptère de parachutistes dans l'enceinte de l'aéroport.

Les combats ont fait rage pendant de longues heures dans l'enceinte de ce site stratégique pour l'accès à l'est du pays que les séparatistes avaient investi sans violences dans la nuit de dimanche à lundi.

"L'aéroport est sous notre contrôle total. L'adversaire a essuyé de lourdes pertes et nous n'avons pas de pertes", a affirmé en fin de matinée le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsene Avakov.

Sur place, des tirs pouvaient être encore entendus mardi à la mi-journée sans que l'on puisse en déterminer l'origine.

Sur la route de l'aéroport, les séparatistes ont placé un bulldozer, des camions bennes en travers de la route, ainsi que des piles de pneus et un carton plein de cocktails molotov. Selon les habitants, il s'agit d'empêcher une attaque éventuelle de l'armée ukrainienne.

Et à moins de 2 km de l'aéroport, un camion criblé de balles et brûlé sur tout un côté a été abandonné sur le bord de la route. Des douilles et du sang, ainsi que des bouts de corps jonchent le sol, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Dans un communiqué, Vladimir Poutine a appelé à "l'arrêt immédiat de l'opération punitive de l'armée" et a souligné la nécessité "de mettre en oeuvre un dialogue pacifique entre Kiev et les représentants des régions" ukrainiennes.

L'opération militaire est intervenue au moment où le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko était officiellement déclaré "nouveau président de l'Ukraine" au terme d'un scrutin où les Ukrainiens ont dimanche voté en masse, à l'exception de l'Est séparatiste où l'immense majorité des bureaux de vote n'a pas pu ouvrir.

Le président élu avait annoncé dès dimanche soir qu'il se rendrait dans le Donbass, le bassin minier dans l'Est, coeur de l'insurrection. Et lundi, il avait promis de ne jamais laisser les insurgés, qu'il appelle "les terroristes", transformer la région rebelle en "Somalie".

Petro Porochenko, qui suscite d'énormes attentes en Ukraine et en Occident pour le règlement de la crise politique qui dure depuis plus de six mois, a confirmé l'orientation qu'il comptait donner à sa politique: en route vers l'intégration européenne.

Un travail titanesque attend le président, qui devra gérer tout autant la rébellion prorusse dans l'Est que la quasi-faillite de l'économie ukrainienne, ainsi que des réformes économiques impopulaires imposées en échange de l'aide de 27 milliards de dollars consentie par le FMI, la Banque mondiale et l'Union européenne.

La Russie, qui s'est dite "prête à un dialogue pragmatique" avec Petro Porochenko, a toutefois indiqué qu'une visite en Russie du nouveau président ukrainien n'est "pas envisagée".

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