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Inde : Modi entame son mandat par un entretien avec son homologue pakistanais Sharif

Le Premier ministre indien Narendra Modi a demandé mardi à son homologue pakistanais Nawaz Sharif d'agir contre les groupes terroristes visant l'Inde et proposé de renforcer les relations commerciales entre les deux pays, pour son premier jour au pouvoir à New Delhi.

Le dirigeant nationaliste hindou a fait ses premiers pas sur le terrain diplomatique en s'entretenant avec les dirigeants de tous les pays voisins qui avaient été invités pour son investiture lundi soir.

Ses premières déclarations s'inscrivent dans la ligne du précédent gouvernement, Modi souhaitant que le Pakistan agisse contre les groupes préparant depuis son sol des attaques contre l'Inde tout en espérant que les relations commerciales puissent rapprocher les deux voisins tous deux dotés de l'arme nucléaire.

M. Modi a demandé à son homologue "de respecter son engagement d'empêcher que son territoire ne soit utilisé pour organiser des attaques terroristes contre l'Inde", a rapporté la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Sujatha Singh.

"Nous avons eu des discussions sur les échanges commerciaux et nous avons constaté que nous étions prêts à normaliser nos relations économiques et commerciales", a également rapporté la responsable, les deux dirigeants estimant que cela devait être fait "le plus tôt possible".

Depuis leur indépendance concomitante des Indes britanniques en 1947, l'Inde et le Pakistan se sont affrontés à trois reprises, notamment pour le contrôle du Cachemire, région himalayenne revendiquée par les deux puissances nucléaires voisines.

De son côté Nawaz Sharif a salué une "occasion historique" pour renouer les liens entre les deux pays et qualifié l'entretien, qui s'est déroulé dans un ancien palais pendant une cinquantaine de minutes, de "chaleureux et cordial".

Le nouveau Premier ministre indien est considéré comme un partisan de la ligne dure de son parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), y compris au sein de sa formation. Il est en outre regardé avec méfiance par de nombreux Pakistanais depuis les émeutes visant les musulmans qui ont ensanglanté en 2002 l'Etat du Gujarat qu'il dirigeait depuis quelques mois.

Mais en choisissant d'inviter son homologue pakistanais à sa prestation de serment, Modi a désarmé nombre de ses critiques, aucun chef de gouvernement des deux pays n'ayant assisté à la prise de fonction de son homologue jusque-là.

Dans son premier message lundi, Modi a promis d'impliquer l'Inde "dans la communauté mondiale pour renforcer la cause de la paix dans le monde et du développement".

La rencontre entre Modi et Sharif est la première sur le sol indien entre les chefs de gouvernement des deux pays depuis la rupture des relations après les attentats de Bombay en 2008 qui ont fait 166 morts.

Ces attentats ont été attribuées au Lashkar-e-Taiba (LeT), groupe pakistanais accusé par ailleurs d'avoir pris d'assaut vendredi un consulat indien dans l'ouest de l'Afghanistan.

Le Président afghan, Hamid Karzaï, a mis en cause le LeT pour l'attaque de vendredi mais un homme se disant porte-parole de ce groupe a démenti dans un appel téléphonique au bureau de l'AFP dans le Cachemire.

Sharif a estimé que l'arrivée au pouvoir de Modi en Inde représentait une belle opportunité pour les deux pays d'améliorer leurs relations, dans un entretien mardi au quotidien Hindustan Times.

"Il s'agit d'une occasion historique pour nous d'ouvrir un nouveau chapitre. Le nouveau gouvernement de Modi a un mandat fort et je suis impatient de reprendre les relations là où nous les avions laissées avec Vajpayee en 1999", a dit le chef du gouvernement pakistanais.

Sharif fait référence aux bonnes relations qu'il entretenait avec le Premier ministre indien de l'époque Atal Bihari Vajpayee, qui appartenait aussi au BJP. En 1999, Vajpayee avait signé un accord de paix à Lahore (est) qui avait fait brièvement revivre le rêve d'une normalisation entre les deux puissances nucléaires rivales.

bur-ef/mr

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