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Evaluer l'usage de drogues en Europe grâce aux eaux usées

En analysant les eaux usées, une étude européenne publiée mardi dans la revue Addictions a mis en avant les différences géographiques et temporelles de la consommation de drogues en Europe.

Déjà menée en 2011 et 2012 sur respectivement 19 et 23 villes, l'étude s'est étendue en 2013 à 42 villes de 21 pays de l'UE, ce qui en fait la plus large jamais réalisée, permettant de rechercher, sur une période d'une semaine en mars 2013, dans les urines de 8 millions d'habitants, des traces de cinq drogues - cocaïne, ecstasy (MDMA), amphétamine, méthamphétamine et cannabis (THC).

Ses conclusions sont reprises dans le rapport de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).

Elle montre une consommation de cocaïne plus répandue dans les villes de l'ouest de l'Europe. Amsterdam, Anvers, Londres et Zurich arrivent en tête, devant Barcelone, Bâle, Genève, Utrecht et Eindhoven. A l'inverse, la consommation de cocaïne par habitant apparaît moindre dans les villes du nord et de l'est.

Une extrapolation grossière permet par ailleurs d'estimer à 832 kg la consommation quotidienne de cocaïne pour les 366 millions d'Européens des régions urbanisées de l'UE.

La consommation d'amphétamine, tout en étant répartie de façon relativement homogène, apparaît plus élevée dans le nord et le nord-ouest de l'Europe. La méthamphétamine, dont l'usage généralement faible est traditionnellement concentré en Europe centrale (République tchèque, Slovaquie), semble s'étendre (est de l'Allemagne).

L'étude révèle aussi un usage plus important d'ecstasy à l'ouest et notamment les villes néerlandaises (Amsterdam, Eindhoven, Utrecht), ainsi qu'à Londres et Zurich. La consommation semble par contre plus importante dans les grandes villes que dans les petites, à l'exception étrange de la petite ville de St Gallen, en Suisse, qui connaît une consommation par habitant similaire à celle de Zurich.

Concernant le cannabis, aucune tendance géographique claire ne se dessine. Les villes néerlandaises arrivent en tête, mais Paris, Athènes, Barcelone ou encore la petite ville de Novi Sad, en Serbie, ont des consommations aussi très importantes.

Enfin, l'analyse temporelle a révélé une forte augmentation des niveaux d'usages de cocaïne et d'ecstasy le week-end dans la plupart des villes et une répartition plus homogène sur la semaine de la consommation de méthamphétamine et de cannabis.

L'analyse des eaux usées est complémentaire des différentes enquêtes menées sur l'usage de drogues, notent les auteurs de l'étude, mais elle permet notamment d'obtenir des résultats rapides et réguliers.

caz/at/ia

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