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Corruption: après GSK, Pékin se penche sur d'autres laboratoires étrangers (média)

Les autorités chinoises s'intéressent de près aux pratiques commerciales d'une nouvelle série de firmes pharmaceutiques étrangères, a indiqué mardi un média d'Etat, peu après la conclusion d'une enquête sur le laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK), accusé de corruption.

La police avait conclu mi-mai, au terme d'une enquête de dix mois, qu'un haut dirigeant de GSK en Chine avait personnellement ordonné à ses équipes de commerciaux de verser des pots-de-vin à des hôpitaux, des médecins et des cadres politiques pour doper leurs ventes. L'affaire est maintenant aux mains de la justice.

Mais les autorités sanitaires de la métropole de Hangzhou (est) ont également commencé à examiner de près les pratiques de plusieurs autres groupes pharmaceutiques étrangers, dont l'américain Eli Lilly, le britannique AstraZeneca et le danois Novo Nordisk, a rapporté le journal 21st Century Business Herald.

Ces trois groupes ont ainsi été enjoints par les autorités de mener des inspections en interne, afin de rechercher d'éventuelles traces de pots-de-vin ou de rétro-commissions, et d'en rapporter les résultats aux autorités locales, a expliqué le quotidien, citant "des documents internes".

Contacté par l'AFP, un employé de l'Administration de la santé à Hangzhou s'est contenté d'indiquer qu'aucun officiel n'était disponible mardi pour commenter les informations du journal chinois.

De leur côté, Eli Lilly comme AstraZeneca ont fermement démenti mardi avoir été approchés par les autorités de Hangzhou.

"Nous n'avons pas été contactés par l'Administration de la santé de Hangzhou", a indiqué Eli Lilly dans une déclaration transmise à l'AFP, tout en assurant être prêt à "coopérer pleinement avec toutes les requêtes du gouvernement et des agences d'Etat".

AstraZeneca a de son côté insisté sur le fait qu'il n'avait "reçu pour le moment aucune communication officielle à ce sujet".

"AZ China coopère avec les diverses autorités chinoises, de façon régulière et à travers un large éventail d'interactions", a-t-il poursuivi.

Egalement contacté par l'AFP, Novo Nordisk s'est refusé à tout commentaire dans l'immédiat, mais a précisé qu'il diffuserait un communiqué en cas de développements ayant "un impact matériel" sur l'entreprise.

La semaine dernière, le groupe pharmaceutique suisse Roche avait confirmé que son bureau de vente à Hangzhou avait été inspecté par la branche municipale de l'Administration de l'industrie et du commerce, précisant que "les détails sur cette visite" n'étaient "pas clairs".

En juillet 2013, les autorités chinoises avaient annoncé de façon très médiatique avoir ouvert une enquête contre GSK, l'accusant d'avoir mis en place un vaste système de corruption destiné à muscler son chiffre d'affaires.

La police, qui a évoqué un volume de pots-de-vin allant jusqu'à près de 500 millions de dollars (380 millions d'euros) depuis 2007, a indiqué avoir identifié 46 suspects au cours de son enquête.

De l'avis des experts, le secteur pharmaceutique chinois est miné par une corruption endémique, encouragée par les bas salaires des professionnels de santé.

Mais la charge contre GSK s'était également inscrite dans le cadre d'une salve d'enquêtes visant des entreprises étrangères des secteurs pharmaceutique et agroalimentaire.

Plusieurs laboratoires, dont l'allemand Merck, le suisse Novartis et l'américain Baxter avaient été accusés de s'entendre sur les prix.

Six producteurs étrangers de lait infantile, dont le néozélandais Fonterra, un géant du secteur, ont de leur côté écopé de lourdes amendes sanctionnant des ententes sur les prix.

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