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Commissions scolaires: le nombre de commissaires sera réduit de moitié à la suite des élections

Pour la première fois depuis sept ans, il y aura des élections scolaires au Québec cet automne, le dimanche 2 novembre. Au terme de ce vote, il y aura moitié moins de commissaires. En plus, les présidents des commissions scolaires seront élus au suffrage universel.

Un texte de Denis-Martin Chabot

C'était loin d'être salle comble à la réunion mensuelle de mai des commissaires scolaires de Laval. Il n'y avait que trois membres du public seulement et trois employés. Les trois membres du public sont partis après la période de questions des citoyens.

Sur les 21 commissaires de la Commission scolaire de Laval (CSDL), deux seulement ont dû briguer les suffrages en 2007. Les autres ont été élus sans opposition.

Pourtant, les commissaires scolaires de Laval gèrent un budget de 440 millions de dollars, 47 000 élèves et plus de 7000 employés, ce qui en fait le plus important employeur de la ville.

Au Québec, les 72 commissions scolaires gèrent des budgets qui totalisent plus de 10 milliards de dollars. Or, aux dernières élections scolaires, en 2007, seulement 7,9 % des électeurs ont participé; c'est le plus bas taux de l'histoire.

Les deux tiers des 1305 commissaires ont été élus sans opposition et dans 13 circonscriptions, il n'y avait même pas de candidat.

Réforme des élections scolaires

C'est en raison de la faible participation aux élections scolaires que Québec impose une réforme en profondeur du système électoral, qui est bien vue par la Fédération des commissions scolaires du Québec.

« Il y a un signal clair de la part du gouvernement à l'effet que l'on valorise l'éducation. On veut en faire des élections au même titre que les élections municipales », explique Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec.

Ainsi, le nombre de commissaires diminuera de près de la moitié au Québec et passera de 1305 à 709.

À Laval, le nombre de circonscriptions passera de 21 à 12. « Le citoyen à côté de chez moi, si je vais lui demander, vous savez, on va être moins de commissaires, pensez-vous que vous allez plus venir voter? Je n'ose pas vous donner sa réponse », déplore Danielle Gratton, commissaire à la CSDL

« La majeure dans tout ça, c'est l'élection de la présidence au suffrage universel au même titre que les maires », précise Josée Bouchard. Cela veut dire que les électeurs se prononceront à la fois pour le commissaire de sa circonscription et pour le président de la commission scolaire lors du prochain scrutin scolaire.

Mais des enjeux majeurs pourraient favoriser la participation, comme la hausse récente des impôts scolaires ou d'éventuelles compressions budgétaires de la part de Québec.

« Les sommes, on l'entend, vont être en diminution, » précise Louise Lortie, présidente de la Commission scolaire de Laval. « Alors il faudra faire des choix », ajoute-t-elle.

Ainsi à Laval, des contraintes dans le budget du transport scolaire obligent certaines écoles à commencer les classes très tôt, à 7 h 45.

Des parents se mobilisent contre cet horaire qui a été imposé à l'école Val-des-Arbres. L'un d'eux, Sylvain Martel, doit conduire sa fille Yamila, qui est en première année, vers 7 h 20.

« C'est devenu un enjeu de santé. Des enfants de 5 ans, 6 ans, doivent dormir 10 , 11 , 12 heures par nuit », souligne Sylvain Martel. « Si on veut avoir 11 heures de sommeil, il faudrait que je couche ma fille à 19 h. Ça ne se peut juste pas. Il y a des devoirs à faire, le souper, les bains. Il faut qu'ils vivent, il faut qu'ils soient des enfants aussi. »

Les parents demandent que les horaires de transports soient décalés pour que toutes les classes du primaire commencent à 8 h 30.

« Nous, on est en accord avec ça. C'est vrai qu'il y a des études et que plusieurs médecins qui le disent, c'est l'idéal (de commencer à 8 h 30) », répond Mme Lortie, qui évalue à 20 millions de dollars le coût d'une telle demande. « Il y a des choix à faire, dit-elle. Si on met plus d'argent pour le transport, il y a moins d'argent pour d'autres choses. »

Mme Lortie souligne que la CSDL ne dépense que 3,77 % de son budget en administration, l'un des plus bas taux de toutes les commissions scolaires au Québec. Il n'y a plus d'extra à couper. Et en plus, la population scolaire explose. La commission prévoit une hausse 4500 élèves au cours des cinq prochaines années.

La présidente de la CSDL espère que ces enjeux stimuleront la participation le 2 novembre, en tant qu'électeurs et aussi en tant que candidats.

D'ailleurs, certains parents de Val-des-Vents songent à s'impliquer davantage.

La Fédération des commissions scolaires tient des formations pour les futurs candidats. Le directeur général des élections du Québec devrait annoncer sous peu une campagne de promotion, comme il l'a fait lors des municipales de l'an dernier et lors des récentes élections provinciales.

On pourra en mesurer l'effet lors du scrutin scolaire du 2 novembre.

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