Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Venezuela : élections de deux épouses de maires opposants emprisonnés

Les épouses de deux maires opposés au président Nicolas Maduro, destitués et emprisonnés il y a deux mois au Venezuela, ont été largement élues dimanche à la tête des villes de San Cristobal et San Diego.

A San Cristobal, capitale de l'Etat de Tachira (ouest) et berceau des protestations anti-gouvernementales qui secouent le pays depuis début février, Patricia de Ceballos, l'épouse de Daniel Ceballos, a réuni 73,62% des suffrages, contre 25,52% à son adversaire Alejandro Mendez, un avocat de 33 ans soutenu par le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV, au pouvoir).

A San Diego, dans l'Etat de Carabobo (nord), l'épouse d'Enzo Scarano, Rosa de Scarano, a remporté 87,68% des voix, contre à peine 11,63% au candidat du pouvoir, Alexis Abreu, selon des résultats partiels.

Dans ces bastions de l'opposition, les deux femmes ont remporté des victoires plus larges encore que celles enregistrées par leurs époux lors des municipales de décembre.

L'abstention s'est élevée à 41% à San Cristobal et à 36% à San Diego.

En mars, Daniel Ceballos et Enzo Scarano ont été destitués et condamnés respectivement l'un à an de prison et l'autre à 10 mois, pour leur supposée responsabilité dans les plus importantes manifestations qu'ait connu le pays depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Maduro en avril 2013, dans la foulée du décès de président Hugo Chavez.

Clair désaveu du pouvoir au niveau local, des analystes ont toutefois estimé qu'il serait erroné de faire de ces scrutins une lecture nationale.

"Nous sommes dans deux municipalités clairement opposantes, (les résultats) serviront donc uniquement à l'opposition pour réfléchir sur ses relations avec sa propre base", a jugé l'analyste Carlos Casanova.

"Le résultats se lit comme une réaction de l'électeur face aux abus du pouvoir qui destitue et emprisonne des maires élus par le peuple", selon le politologue Luis Vicente Leon.

Mais ces deux élections ont malgré tout été célébrées par une opposition qui n'a enregistré que peu de victoires électorales depuis l'avènement du +chavisme+, en 1998.

Evoquant "une leçon" infligée au socialiste Nicolas Maduro, la principale figure de l'opposition, le gouverneur Henrique Capriles, deux fois perdant de la présidentielle, a affirmé sur Twitter que "le Bien triomphait du Mal".

Début février, des étudiants avaient commencé à se mobiliser à San Cristobal contre l'insécurité. Le mouvement a ensuite fait tâche d'huile, se répandant dans tout le pays, relayé par l'opposition, pour inclure des revendications concernant la mauvaise santé de l'économie, marquée par une inflation de 60% et des pénuries constantes.

Les violences ayant émaillé une mobilisation aujourd'hui quasiment éteinte ont fait selon les autorités 42 morts et plus de 800 blessés, alors que des centaines de personnes ont été arrêtées.

Depuis avril, pouvoir et opposition ont lancé un "dialogue de paix" inédit et chaotique, qui n'a pour l'instant débouché sur aucune décision.

pc/jm/tm/hdz/bir

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.