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Tours de refroidissement: des tests mensuels obligatoires dès juillet

Le gouvernement du Québec a dévoilé dimanche après-midi la nouvelle règlementation au sujet des tours de refroidissement à l'eau, une mesure qui fait suite à l'éclosion de cas de légionellose ayant fait 14 victimes à Québec à l'été 2012.

Le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, a annoncé que les propriétaires de tours devront effectuer à compter du mois de juillet des tests mensuels obligatoires sur leurs installations pour éviter que toute trace de la bactérie de la légionellose ne se développe à l'intérieur de leur tour.

Cette mesure touchera les quelque 1500 installations du genre au Québec. « Tous les mois, le propriétaire de la tour d'eau doit demander à un laboratoire accrédité de faire l'échantillonnage », a fait savoir le ministre Hamad.

Des équipes de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) se chargeront de faire le suivi concernant les tests d'échantillonnage.

Les propriétaires fautifs s'exposeront à des amendes allant de 3000 $ à 15 000 $. De plus, ce sont les propriétaires qui devront payer de leur poche pour effectuer ces tests. « On parle peut-être de 250 $, 200 $ par test », a dit le ministre Hamad, une dépense qu'il juge tout à fait « normale » pour les propriétaires.

Le ministre Hamad a tenu à préciser que ces nouvelles obligations s'ajoutent à celles en vigueur depuis le 12 mai 2013, qui obligent les propriétaires à mettre en place un programme d'entretien préventif élaboré par un professionnel, à tenir un registre et à informer la RBQ de la présence de tours de refroidissement à l'eau.

Cette nouvelle réglementation sur l'entretien des tours de refroidissement répond en partie aux recommandations de la coroner Catherine Rudel-Tessier, qui avait publié son rapport en octobre 2013 sur l'éclosion de légionellose à Québec.

François Desbiens, directeur régional de la santé publique de la Capitale-Nationale, s'est pour sa part réjoui de l'adoption de cette nouvelle réglementation. Il estime qu'elle vient combler un vide en matière d'encadrement au niveau de l'entretien des tours de refroidissement au Québec.

« Ç'a pris trop de temps »

Me Jean-Pierre Ménard, l'avocat qui représente les familles des victimes de la légionellose à Québec, accueille favorablement la nouvelle réglementation du gouvernement. Il ne s'explique cependant toujours pas pourquoi les autorités ont mis tant de temps à agir lors de la crise de la légionellose.

« C'est clair qu'un des aspects de ce dossier-là, c'est la lenteur du gouvernement à mettre en place des règles de sécurité. Bon, là, on l'a fait, on ne peut pas être contre ça, mais c'est vraiment déplorable qu'on ait attendu tout ce temps-là et tous ces morts-là », a-t-il fait savoir.

Le son de cloche est le même du côté de Solange Allen, dont le mari Claude Desjardins est décédé des suites de la légionellose.

Si elle se dit satisfaite du nouveau règlement, Mme Allen demeure tout de même critique à l'endroit des autorités. « Ç'a pris trop de temps. C'est sûr, ils ne savaient vraiment pas comment s'organiser. Donc, ç'a pris trop de temps et la population a vraiment aussi été mise de côté », déplore-t-elle.

Pour sa part, Me Jean-Pierre Ménard a fait savoir qu'il envisage toujours un éventuel recours au nom des victimes de la légionellose.

La légionellose a fait 14 victimes et a contaminé 181 personnes à Québec à l'été 2012. Treize victimes sont mortes de la même souche de légionellose qui a été retrouvée dans la tour de refroidissement du Complexe Place Jacques-Cartier dans le quartier Saint-Roch. Une 14e victime a succombé le 22 août à une autre souche de la bactérie.

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