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Tour d'Italie - Uran-Quintana: le duel colombien

A six jours de son terme, le Giro a pris la forme d'un duel entre les Colombiens Rigoberto Uran et Nairo Quintana, que des outsiders (Majka, Aru) espèrent plus ou moins arbitrer.

Quintana, le grimpeur "de référence" selon l'expression du Français Pierre Rolland, doit mener une course-poursuite aléatoire. Distancé dans le contre-la-montre de Barolo, le deuxième du Tour 2013 compte 2 min 40 sec de retard sur le porteur du maillot rose.

URAN EN POSITION DE FORCE. "Je sais que Quintana est fort et qu'il sera certainement meilleur dans les cols de la dernière semaine", affirme Uran. Mais le Colombien mise sur son expérience du Giro auquel il participe pour la quatrième fois, sa gestion des efforts, sa régularité. Et son avance conséquente au classement, plus d'une minute sur l'Australien Cadel Evans qui lui a rendu hommage à Montecampione: "Uran a très bien couru."

"Personne ne s'attendait à un Giro aussi serré", relève l'Australien. "Il y a encore sept coureurs en pratiquement trois minutes". Tous ne sont pas pour autant sur la même ligne à l'entrée de la dernière semaine. Evans (2e) a donné des signes de fléchissement dans les deux dernières arrivées au sommet, le grimpeur italien Domenico Pozzovivo (6e) a expliqué souffrir d'un début de bronchite, le jeune Néerlandais Wilco Kelderman (7e) a commencé à accuser la fatigue.

En revanche, les signaux sont au vert pour la révélation italienne Fabio Aru (4e), le plus fort dimanche à Montecampione, voire le jeune polonais Rafal Majka (3e), qui dit être comblé s'il garde cette place dimanche prochain à Trieste. Mais Uran se méfie surtout de Quintana, grimpeur d'élite.

DES OCCASIONS LIMITEES. "J'ai repris du temps dans les deux dernières arrivées même si je n'ai pas regagné tout le temps perdu", constate Quintana, rétabli de ses ennuis de santé à répétition, les conséquences d'une chute puis une infection à la gorge qui a dû être traitée aux antibiotiques. "C'est assez pour espérer. La victoire est encore envisageable", estime-t-il.

Pour le chef de file de la nouvelle génération colombienne, les occasions sont toutefois comptées. Trois arrivées d'étapes en ligne doivent être jugées en altitude, à Val Martello (mardi), au refuge Panarotta (jeudi) et au Monte Zoncolan (samedi). Trois occasions pour lui de faire la différence.

Quintana jouera gros aussi, tout comme Uran, dans le contre-la-montre qui se courra vendredi sur les pentes du Monte Grappa. Sur les 26,8 kilomètres du parcours, la route grimpe sur 19,2 kilomètres. Autant dire que les grimpeurs doivent être à l'aise dans cette ascension à 8% de pente moyenne qui fut le cadre d'affrontements meurtriers voici cent ans pendant la Première guerre mondiale.

La météo, enfin, peut favoriser l'un ou l'autre. Car la neige menace la tenue de la 16e étape qui doit franchir mardi deux cols de haute altitude, le Gavia (2618 m) et le Stelvio (2758 m), pour rejoindre le Val Martello. "Peu m'importe si l'étape a lieu ou pas", a assuré Uran. "A la fin, c'est toujours le plus fort qui gagne."

jm/chc

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