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26/05/2014 11:05 EDT | Actualisé 26/07/2014 05:12 EDT

Montée historique des eurosceptiques: les chefs d'État feront le point mardi soir

ASSOCIATED PRESS
France's far right National Front leader Marine Le Pen speaks during a meeting with the media at the party's headquarters in Nanterre, west of Paris, Monday March 24, 2014. France's far-right National Front conquered a symbolic northern town in Sunday's first round of municipal elections and led in some other cities, drawing calls by the governing left and rival right to stop the anti-immigration party's advance. The second round of municipal elections will be held on March 30 throughout France. (AP Photo/Jacques Brinon)

Les chefs d'État et de gouvernement des 28 pays membres de l'Union européenne (UE) se réuniront mardi soir, à Bruxelles, pour faire le point sur la montée historique des eurosceptiques et europhobes de tout acabit lors des élections au Parlement européen.

Il s'agira alors pour eux de déterminer comment ils tiennent compte de ce résultat dans leur manière de diriger le plus important marché commun de la planète, avec plus de 500 millions de personnes, et dans le choix de la future Commission, qui agit comme organe exécutif de l'UE.

Au terme du scrutin, les grands partis pro-européens demeurent largement majoritaires au Parlement, avec 521 sièges sur 751, selon des résultats presque définitifs. La baisse de leur appui populaire n'en est pas moins significative :

  • Parti populaire européen (droite) : 214 sièges, en baisse de 59;
  • Alliance progressiste des socialistes et des démocrates (gauche) : 189 sièges, en baisse de 7;
  • Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe : 66 sièges, en baisse de 17;
  • Groupe des Verts : 52 sièges, en baisse de 5.

Mais la montée des europhobes et des eurosceptiques, qu'illustre particulièrement la victoire du Front national, en France, est néanmoins interprétée comme un rejet des institutions européennes. Ces partis, hostiles à l'Union européenne, devraient occuper environ 30 % des sièges.

Eurosceptiques et europhobes en ordre dispersé

Ces partis ont notamment réussi à séduire leurs électeurs en dénonçant le chômage endémique, les règles imposées aux parlements nationaux au nom de la mondialisation ou, très souvent, les règles encadrant l'immigration intra ou extra-européenne. Plusieurs d'entre eux trouvent leurs racines dans des mouvements d'extrême droite.

Ces partis europhobes ou eurosceptiques, auxquels se greffent notamment l'United Kingdom Independance Party (UKIP) en Grande-Bretagne et le Parti populaire danois, également vainqueurs du scrutin dans leur pays respectif, sont cependant loin de constituer un bloc homogène, et leurs griefs envers l'intégration européenne varient. 

L'UKIP prône par exemple que le Royaume-Uni soit gouverné par des lois adaptées à ses propres besoins par son propre Parlement, seul représentant, selon lui, de l'électorat du Royaume-Uni. Son président Nigel Farage a exclu de former une alliance avec le parti de Marine Le Pen. « Je ne pense pas que son parti fasse partie de notre famille politique », disait-il encore vendredi dernier. 

La plupart des partis populaires scandinaves, qui tentent de gommer leurs origines d'extrême droite, ne veulent également rien entendre d'une union de circonstance avec le Front national, de crainte d'être associés à un courant antisémite. 

En Grèce, c'est plutôt un parti de la gauche radicale, Syriza, qui a canalisé le vote des europhobes, dans la foulée des importantes compressions qui ont été imposées au pays en échange d'une aide européenne. Son programme n'a rien à voir avec ceux de petits partis néonazis comme Jobbik en Hongrie ou Aube dorée en Grèce.

Pour constituer un groupe politique au Parlement, un bloc doit réunir un nombre minimal de 25 députés issus d'au moins sept pays de l'Union.

Des aspirations minées pour les pro-européens

Les mauvais résultats des grands partis pro-européens minent sans contredit leurs velléités de s'imposer à la Commission européenne, véritable organe décisif de l'UE.

Les leaders de ces groupes, dont Jean-Claude Juncker pour la droite et Martin Schultz pour les socialistes, faisaient campagne en expliquant qu'en cas de victoire l'un d'eux deviendrait président de la Commission européenne.

En réalité, les membres de cette commission sont nommés par les chefs d'État et de gouvernement. Le traité de Lisbonne, adopté en 2010, stipule simplement que ses membres doivent désigner son président en « tenant compte des résultats des élections européennes ».

Le Parlement européen, qui siège en alternance à Strasbourg et à Bruxelles, est la seule institution élue par la population des 28 pays membres. Il ne dispose cependant pas de pouvoirs comparables à ceux des parlements nationaux.

Le rôle des députés européens consiste à négocier des projets de loi avec les parlements nationaux, dans un processus de codécision. Il se prononce ensuite sur ces lois. La Commission européenne demeure cependant l'organe qui détermine les grands objectifs.

Le Parlement doit cependant approuver toute nouvelle adhésion au sein de l'UE ainsi que tout traité commercial, dont l'Accord de libre-échange Canade-UE, considéré comme le modèle d'un possible accord du même genre avec les États-Unis.

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