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Libye: les autonomistes de l'Est rejettent le nouveau gouvernement

Les rebelles autonomistes qui bloquent depuis près d'un an des sites pétroliers dans l'Est libyen ont affirmé lundi soir qu'ils ne reconnaissaient pas le nouveau gouvernement formé par le Premier ministre, Ahmed Miitig, dont l'élection controversée est selon eux illégale.

"Nous refusons le gouvernement d'Ahmed Miitig et nous tenons à ce que le gouvernement (sortant) d'Abdallah al-Theni reste" en place jusqu'aux élections législatives prévues le 25 juin, a déclaré Ibrahim Jodhrane, chef des rebelles autoproclamé président du bureau politique de la Cyrénaïque (région orientale).

Le Congrès général national libyen (CGN-parlement) a voté dimanche la confiance au cabinet de M. Miitig qui avait été élu début mai à l'issue d'un vote chaotique au Congrès, contesté par plusieurs députés.

Ces derniers accusent en effet les blocs islamistes d'avoir laissé le vote ouvert pour des retardataires après l'annonce du résultat.

M. Jodhrane, s'exprimant à l'antenne d'une télévision locale, a estimé que les blocs islamistes au Congrès "veulent imposer illégalement" le cabinet de M. Miitig, "défiant la volonté du peuple qui exige le départ" du Congrès.

Cette position des rebelles risque de remettre en cause un accord sur lequel ils s'étaient entendus le 6 avril avec le gouvernement intérimaire d'Abdallah Al-Theni, prévoyant la levée progressive du blocage de quatre terminaux pétroliers.

Les ports de l'Est sont bloqués depuis juillet 2013 par des gardes des installations pétrolières, partisans de l'autonomie, empêchant toute exportation de brut et provoquant une chute de la production à 250.000 barils par jour, voire moins, contre près de 1,5 million b/j en temps normal.

En avril, les rebelles ont levé le blocage sur les ports d'Al-Hariga (110.000 barils/jour) et de Zwitina (100.000 b/j), comme le stipule l'accord avec le gouvernement.

Le gouvernement et les rebelles s'étaient donné un délai de deux à quatre semaines pour trouver un accord final permettant la levée du blocage des deux autres ports: Ras Lanouf (200.000 b/j) et al-Sedra (350.000 b/j). Mais ce délai a expiré sans que rien ne soit fait.

Les autonomistes avaient, dans un premier temps, justifié le blocage des terminaux en accusant le gouvernement de corruption, avant d'afficher leurs véritables intentions en réclamant l'autonomie de la Cyrénaïque et en annonçant la mise en place d'un gouvernement local, ainsi que d'une banque et d'une compagnie de pétrole.

Appuyé notamment par les islamistes, Ahmed Miitig, un homme d'affaires de 42 ans originaire de Misrata (ouest), est le cinquième et le plus jeune chef de gouvernement depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

ila-hj/faa

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