Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

La Jordanie expulse l'ambassadeur syrien pour "insultes répétées"

Les relations entre la Syrie et la Jordanie voisine se sont un peu plus tendues lundi, avec l'expulsion de l'ambassadeur syrien à Amman pour ses "insultes répétées" envers le royaume, entraînant une mesure similaire à l'encontre du chargé d'affaire jordanien à Damas.

Sur le terrain, les rebelles ont récemment intensifié leurs attaques avant l'élection présidentielle controversée, organisée le 3 juin par le régime dans les seules régions sous son contrôle. Ce scrutin, que le président Bachar al-Assad est assuré de remporter, a été qualifié de "farce" par l'Occident et l'opposition en exil.

A Amman, le ministère des Affaires étrangères a dit que l'ambassadeur Bahjat Souleimane était désormais considéré "persona non grata" et lui a demandé de "quitter le pays sous 24 heures".

Cette décision est motivée par ses "insultes répétées (...) ses déclarations hostiles au royaume jordanien, ses dirigeants, ses symboles et ses citoyens".

A l'été 2013, le chef de la diplomatie jordanienne Nasser Jawdeh avait déjà vivement critiqué le diplomate qui avait dénoncé les participants à une réunion en mai à Amman du groupe des "Amis de la Syrie", favorable à la rébellion anti-Assad, les qualifiant d'"ennemis de la Syrie".

M. Souleimane s'en était également pris à la Jordanie, après la décision en juin 2013 de Washington d'envoyer dans le royaume des lanceurs de missiles Patriot, des avions F-16 et des hommes afin de contrer la menace d'un débordement de la guerre civile en Syrie, qui a fait en trois ans 162.000 morts.

Il avait encore qualifié les 600.000 réfugiés syriens en Jordanie de "terroristes", terme utilisé par le régime pour désigner les rebelles.

Une centaine de Syriens ont manifesté devant l'ambassade pour se féliciter de cette mesure, arborant notamment une banderole sur laquelle on pouvait lire "Merci la Jordanie".

Damas a rapidement réagi à la décision d'Amman, qualifiée d'"injustifiée", en décidant de déclarer à son tour "persona non grata" le chargé d'Affaires jordanien à Damas. La Jordanie avait rappelé début 2011 son ambassadeur après une attaque de l'ambassade par des partisans du régime syrien.

Le ministère des Affaires étrangères "va ordonner l'expulsion du chargé d'affaires jordanien", a indiqué al-Ikhbariya, une chaîne d'informations officielle en continu.

Amman a régulièrement fait état de ses craintes de voir s'étendre la guerre civile sur son territoire et mis en garde contre le poids des jihadistes au sein de la rébellion.

Damas, pour sa part, accuse Amman de soutenir les rebelles en les entraînant et les armant. Des accusations rejetées par le royaume qui assure avoir renforcé les contrôles à la frontière et arrêté des dizaines d'activistes qui tentaient de la traverser illégalement.

En Syrie, les rebelles, qui ont essuyé ces dernières semaines des défaites dans le centre du pays, progressent dans la province d'Idleb (nord-ouest) et au nord de Hama.

Avec le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, ils ont "pris le contrôle du barrage de Salam, à l'ouest de Khan Sheikhoun, après de violents combats contre les troupes du régime", a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette ville du sud de la province d'Idleb "est maintenant complètement libérée", a indiqué pour sa part la Commission générale de la révolution syrienne (CGRS), un réseau de militants sur le terrain.

L'OSDH a ajouté que des rebelles avaient bloqué l'accès à l'autoroute reliant le sud de la province d'Idleb à la région de Morek, contrôlée par les rebelles, dans le nord de la province voisine de Hama.

Ces dernières avancées ont rapproché les rebelles de leur objectif: les bases militaires de Wadi Deif et Hamidiyeh, dans la province d'Idleb, qu'ils assiègent depuis un an, a assuré l'ONG syrienne.

Le Front al-Nosra a revendiqué lundi la responsabilité de deux attentats à la voiture piégée perpétrés la veille à Homs, ville du centre du pays reprise récemment quasi-entièrement par les forces du régime.

Le gouverneur de Homs, Talal Barazi, a fait état lundi d'un bilan de 12 morts et 30 blessés.

Dans la ville clé d'Alep (nord), au moins trois personnes ont péri lundi, selon l'OSDH, dans un bombardement au baril d'explosif sur le quartier de Boustan al-Qasr, tenu par les rebelles.

bur-akh/vl/faa

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.