Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Italie : le centre gauche de Matteo Renzi met KO les eurosceptiques de Beppe Grillo

Le Premier ministre italien Matteo Renzi s'est adjugé une victoire spectaculaire aux élections européennes, obtenant avec son Parti démocrate l'un des meilleurs scores européens pour une formation de centre gauche et parvenant à damer le pion aux eurosceptiques de Beppe Grillo.

Pari gagné pour le jeune président du Conseil de 39 ans, qui s'était lancé dans les dernières semaines de la campagne dans un duel avec l'ex-humoriste. Le PD de M. Renzi l'emporte avec 40,8% des voix contre 21,2% pour le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) de Bepe Grillo, et enverra 31 députés (sur 73) au Parlement de Strasbourg.

Loin derrière le PD, à 16,8%, pointe Forza Italia (FI, centre droit), la formation de l'ancien chef de gouvernement Silvio Berlusconi, inéligible et privé de droit de vote après une condamnation pour fraude fiscale.

L'ex-Cavaliere, dont c'est le pire résultat lors d'une élection, est "plus mort que vivant", se réjouissait Il Fatto Quotidiano (gauche).

Par rapport aux dernières élections italiennes - les législatives de 2013 -, le M5S et le FI perdent respectivement 3 et 5 millions de voix tandis que le PD réalise, en gagnant 1 million de voix, un "score historique", s'est félicité Matteo Renzi dans un tweet.

Des résultats représentatifs car la participation a été élevée (58,7%) en comparaison du reste de l'Europe, quoiqu'en baisse par rapport aux précédentes européennes (66,4% en 2009).

En conférence de presse à Rome, M. Renzi a toutefois refusé tout triomphalisme, promettant de faire preuve d'"humilité" et un "grand sens des responsabilités".

"C'est le moment de l'Italie en Europe dont elle doit être un moteur", a lancé M. Renzi, dont le pays prendra la présidence de l'UE le 1er juillet.

Selon des analystes, le mouvement de Beppe Grillo perd certes de l'audience mais s'enracine comme le deuxième parti du pays.

"Ceci reflète un malaise général. Je suis convaincu que Grillo deviendra un acteur incontournable sur la scène politique italienne", a estimé Piero Ignazi, professeur de sciences politiques à l'Université de Bologne.

Dans un message filmé et posté sur son blog, l'ex-humoriste a reconnu sa défaite tout en assurant que sa formation était "la première force d'opposition".

"Nous avons le temps pour nous, c'est encore trop tôt", a assuré Grillo en reconnaissant que "ce sont des chiffres auxquels personne ne s'attendait. Mais nous sommes là, nous sommes le premier mouvement italien, le deuxième parti".

Pour M. Renzi, arrivé au pouvoir il y a seulement trois mois après avoir évincé Enrico Letta, le scrutin s'était transformé en un référendum sur ses mesures de relance d'une économie en pleine récession. "Il ne fait aucun doute que ce résultat légitime Renzi", a estimé le directeur de Repubblica (gauche), Ezio Mauro.

Les marchés ont réagi très positivement: la bourse de Milan, nerveuse la semaine passée, a connu la plus forte hausse d'Europe avec +3,61%.

"C'est indubitablement positif et surtout ça peut aider à doper le processus actuel de réformes", a analysé Chiara Corsa, économiste de la banque Unicredit, à propos de la victoire de M. Renzi.

Renzi peut en outre se targuer d'être le patron du premier parti de gauche en Europe, alors que presque partout ailleurs, la droite, voire l'extrême droite, sont arrivés en tête.

Pour Stefano Menichini, directeur du quotidien de gauche Europa, "le parti socialiste européen (PSE) ne pourra que se tourner vers l'Italie".

Dans les rues de Rome, Lorenzo a témoigné à l'AFP-TV de son "orgueil" d'être Italien. Il pense que son pays "a sauvé l'Europe de cette tendance anti-européenne, de ces mouvances d'extrême droite" en permettant à ses habitants "de croire encore dans une Europe qui nous fera aller de l'avant tous ensemble".

En additionnant les voix du M5S, de la Ligue du Nord (6,2%), allié au niveau européen du Front National de Marine Le Pen, et d'une liste pro-Alexis Tsipras qui a obtenu 4%, le camp des eurosceptiques a tout de même recueilli plus de 30% des voix en Italie.

Le Nouveau Centre droit (NCD) d'Angelino Alfano, allié gouvernemental clé du gouvernement gauche-droite de M. Renzi, remporte quant à lui 4,4% des suffrages.

dt-lrb/fka/rhl

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.