Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Contre la montée des eurosceptiques, Merkel appelle à poursuivre les réformes

La chancelière allemande Angela Merkel a loué la France lundi pour avoir emprunté la voie des réformes, et a appelé à des politiques de "compétitivité" en Europe pour contrer la montée des partis populistes.

La montée des partis eurosceptiques et nationalistes est "regrettable", a déclaré Mme Merkel, tirant les conséquences du vote aux élections européennes de dimanche, au cours d'une conférence de presse à Berlin.

Elle a estimé qu'"une politique de compétitivité, de croissance, et d'emploi (était) la meilleure réponse" pour reconquérir les électeurs. "Cela vaut aussi pour la France", a-t-elle ajouté, soulignant qu'il fallait "faire une politique qui soit bénéfique pour la population".

La chancelière conservatrice a cependant salué "la politique de réformes" du gouvernement français, y décelant "des jalons pour mener la France à davantage de succès et de croissance".

Le vice-chancelier allemand, ministre de l'Economie, et chef des sociaux démocrates (SPD) Sigmar Gabriel, a estimé que le succès du Front National était "pour l'essentiel une expression aussi bien du mécontentement de la situation en France que naturellement une expression du mécontentement vis-à-vis de la situation actuelle de l'Union Européenne".

"On peut changer les deux", a-t-il dit, dans une autre conférence de presse à Berlin.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a quant à lui qualifié la victoire du FN de "signal grave".

Mme Merkel a estimé qu'il fallait désormais "des discussions" pour nommer un nouveau président de la Commission européenne, tout en se réjouissant du "résultat solide" des conservateurs aux élections européennes.

En Allemagne, elle s'est réjouie du "net écart" de huit points séparant les conservateurs (CDU/CSU) arrivés en tête et les sociaux-démocrates du SPD, placés en deuxième position.

L'Union chrétienne-démocrate et l'Union chrétienne-sociale (CDU/CSU) a cependant perdu 2,6 points par rapport à 2009, tandis que le SPD a enregistré un gain important de 6,5 points par rapport au point bas historique qu'il avait atteint il y a cinq ans.

La chancelière s'était beaucoup investie dans la campagne des européennes. Omniprésente sur les affiches de campagne de son parti, elle a aussi tenu de nombreux meetings à travers l'Allemagne.

Elle a salué lundi "la campagne menée avec (la tête de liste) Jean-Claude Juncker", qui a permis au parti populaire européen (PPE) de devenir la première force politique en Europe et "qui est notre candidat au poste de président de la Commission européenne".

Mais "ni les socialistes, ni les conservateurs ne réunissent suffisamment de voix par eux-mêmes pour former une majorité", a-t-elle souligné. "Il faut donc des discussions sur les personnes mais aussi sur le contenu" des politiques à mener, a-t-elle dit, évoquant des discussions mardi soir à Bruxelles au sein du Conseil de l'Europe et un dialogue avec le Parlement européen.

"Il est important pour nous qu'on discute aussi du fond, du chômage et de comment nous pouvons devenir plus compétitifs, comment nous pouvons créer de la croissance", a déclaré la chancelière allemande.

M. Gabriel a également plaidé en faveur de discussions au Parlement européen pour nommer le nouveau président de la Commission européenne: "le parti populaire européen va devoir faire des propositions afin que Jean-Claude Juncker obtienne l'aval du Parlement européen pour devenir président de la Commission".

Il a averti qu'"aucun président de la Commission ne pourrait être élu sans l'aval des sociaux-démocrates et de Martin Schulz".

L'Allemand Martin Schulz est le candidat du Parti Socialiste européen (PSE) à la présidence de la Commission européenne.

Mme Merkel, M. Gabriel et le président de la branche bavaroise des conservateurs (CSU), Horst Seehofer, les trois partenaires du gouvernement de grande coalition, devaient se rencontrer lundi soir à la chancellerie pour discuter du résultat du scrutin européen et trouver une ligne commune pour l'Allemagne avant la réunion de mardi à Bruxelles.

bur-clp/aro/abk

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.